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Interview Clarke - Dilemma

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L’année 2016 est à peine commencée que nous vous proposons de découvrir un album d’exception, à savoir l’album «Dilemma». Soutenu et porté par les Editions Le Lombard, cet album est pour le moins différent aussi bien par sa présentation (124 planches et deux fins différentes) que par le sujet abordé (le déterminisme). Ainsi nous ne boudons pas notre plaisir de pouvoir poser quelques questions à son créateur : Clarke.
 
Bonjour Clarke, et merci de nous accorder quelques précieuses minutes de votre temps.
Pas de quoi…



L’album «Dilemma» vous a demandé (si je ne me trompe pas), trois années de travail, lorsque l’on part sur ce type de projet, cela demande une certaine rigueur. Comment vous êtes-vous organisé pour continuer à produire et donner naissance à un album de qualité, «Dilemma»?
De la façon la plus simple du monde : j’ai demandé à mon éditeur si je pouvais lui fournir l’équivalent d’un album par an. C’est un rythme tout à fait soutenable et ça me permettait de poursuivre mes autres travaux (Mélusine, Réalités Obliques…) en parallèle. Je suis donc, à partir d’un synopsis de base, produit 44 pages de scénario et de dessin par an.

«Dilemma» traite d’une théorie philosophique qu’est le déterminisme, avec pour protagonistes des philosophes tels que Diogène, Platon, Aristote ou Xénophon. Aviez-vous à la base une très bonne connaissance du sujet ou bien cela vous a-t-il demandé beaucoup de recherche et lesquelles ?
Je n’avais (et n’ai toujours) pas une bonne connaissance du sujet. Juste sept années de gréco-latines et quelques lectures derrière moi… et ça m’a demandé des recherches, oui. Mais je me suis vite arrêté. Car je me suis rendu compte que trop de documentation allait « plomber »  ma narration. Les philosophes présents, même si leur rencontre est crédible, ne sont que des portraits très éloignés des originaux. C’est à ce prix que leurs interactions ont pu garder leur naturel…



Et vous, quelle est votre vision du sujet, pensez-vous que les évènements peuvent être calculés d’avance ?
J’aime le hasard, les coïncidences. J’en aime la beauté et l’imprévisible. Et je refuse toute tentative de contrôle sur quoi que ce soit. Se laisser porter est probablement, et à mon sens, la sensation la plus enivrante que je connaisse.

L’histoire se déroule principalement en Allemagne, ce qui nous permet de voir la montée du nazisme. Le personnage principal Michael Dorffman, est allemand et amoureux d’une juive nommée Rachel. Etait-il important pour vous de donner ces conditions à vos personnages et faire ressortir le côté humain ?
Oui, c’était important. Parce que, s’il est une chose dont ce livre traite, c’est que rien n’est noir ou blanc. L’allemand n’est pas nazi, sa compagne n’est pas entièrement juive, le père n’est pas seulement un lâche, la mère pas uniquement autoritaire. Et le « bad guy » est tout sauf un stéréotype.


Un troisième personnage, Grisha Potomki, joue un rôle primordial et va sans cesse évoluer tout au long de l’album. Cet homme a un visage mi-ange, mi-démon à l’image de son rôle. Est-ce que ce personnage vous a demandé beaucoup de recherche, de croquis pour lui trouver son aspect définitif? Comment gère-t-on ce type de personnage pour le faire évoluer au mieux dans l’histoire?
Pas énormément de recherches, non. Parce que je savais ce que je voulais : un look de méchant tout droit sorti d’ « Indiana Jones »… Parce que je le voulais très ambigu et que je ne voulais pas que ça se devine dès les premières cases. Il est donc très flou, très humain. Ça rejoint ma réponse à la question précédente : il n’est ni noir ni blanc.
 
Nous l’avons dit, l’action se déroule au début de la seconde guerre mondiale. Avez-vous choisi cette période par hasard ou bien pensez-vous que ces années représentent un tournant dans l’Histoire de notre humanité ?
Je n’ai pas choisi cette période par hasard. C’est une des blessures les plus profondes que l’humanité aura vécues. Un gouffre béant dans notre inconscient et nos souvenirs. Et nous vivons toujours avec ces plaies, même si le temps nous vient en aide.



Deux fins différentes, pourquoi ce choix ?
Parce que, justement, dans un album où rien (les personnages, l’enjeu, le propos…) n’est soumis au bien ni au mal, mais au contraire aux choix humains et à leur failles, je voulais montrer les deux faces de ce choix. Aussi, face à des événements d’une telle ampleur, j’ai eu très envie de pointer du doigt le fait que, à l’échelle humaine, les décisions ne pèsent pas lourd. Elles n’affectent que peu, voire pas du tout, le cours des choses.

Et pour finir, pouvez-vous nous dire deux mots sur un autre album tout aussi différent et surprenant : « Réalités Obliques » et quels sont vos projets ?
«Réalités Obliques» est né de moments de pause durant la réalisation de « Dilemma ». C’était juste un passe-temps qui, pour finir, est sorti avant parce que j’ai un peu traîné sur la fin de ce gros projet. C’est une façon pour moi de ressortir des sentiments anxiogènes que je traînais jeune. Une vision que j’avais de récits d’horreur ou d’angoisse, qui chez moi ont toujours généré quelque chose de plus… existentiel que de la simple terreur. J’ai voulu me servir de ça comme matériau scénaristique. Il y aura un deuxième volume, intitulé « Mondes obliques » qui sortira en août…

Merci à vous pour toutes ces précieuses informations.
C’était un plaisir.



 
 


Eric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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