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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Charles De Gaulle 1958-1968 Joli mois de mai

Charles De Gaulle 1958-1968 Joli mois de mai

Charles De Gaulle
1958-1968           Joli mois de mai
 
Scénario : Jean Yves Le Naour
Dessins : Claude Plumail
Couleurs : Sébastien Bouet
Éditions : Grand Angle
 
 
Mai 1968, le vieux général De Gaulle s’ennuie. Il passe son temps à ressasser ses illustres souvenirs de 1958, à l’époque où il revint au pouvoir. Lorsque les étudiants puis les ouvriers se mettent en grève, il est loin d’imaginer que son pouvoir va vaciller comme jamais.
Suite et fin de la biographie de Charles De Gaulle, à lire autant comme telle que comme un one shoot. Une vision différente mais très documentée et magistralement illustrée.
 
 
En ce mois de mai 1968, De Gaulle s'ennuie. La France est désormais pacifiée et prospère. Plus de combats, de coups tordus et de challenges pour le grand homme. Lorsqu’à la Sorbonne et à Nanterre quelques étudiants réclament la mixité des cités universitaires, le vieux général se contente de faire référence au 13 mai 1958, lorsque les militaires se révoltèrent en Algérie. Comme à l’époque, il pense facilement venir à bout de ses contestataires, grâce à sa maestria politique. S'il cède la réouverture des universités à son premier ministre, il affirme qu'il fait du Pétain puis part en voyage officiel en Roumanie, sans voir que la contestation prend de l'ampleur. À son retour, la «chienlit » s'est répandue et malgré son allocution télévisuelle, elle ne semble vouloir s'éteindre. Toujours se référant à 1958, le président joue sur la division de ses opposants : les étudiants, les ouvriers, les syndicats, les communistes... seulement, la base déborde les dirigeants et De Gaulle, se pensant fini, décide de partir de prendre l'air à Colombey. En réalité, il part auprès de « son armée ». A Baden-Baden, le général Massu trouve les mots pour regonfler celui qui l'a roulé en 1958. Fort de ce soutien, De Gaulle rentre à Paris, dissout l'Assemblée nationale et organise une manifestation « spontanée » de soutien. Si le mois de mai s'est révélé plus vivant que prévu, le président De Gaulle ne comprend pas ce qui vient de se dérouler ; et il ne survivra pas politiquement son projet de référendum de 1969.

50 ans après les événements, on ne compte plus les commémorations de mai 68. Il était assez logique que Claude Plumail et Jean-Yves Le Naour choisissent cette date pour clore leur biographie sur le général De Gaulle. Comme à son accoutumé, et fort de son métier d'historien, Jean-Yves Le Naour écrit un scénario bien documenté. Chaque événement, chaque citation, chaque personnage, tout est véridique et certifié. Le travail de scénariste est néanmoins différent de celui de l'historien et là, il choisit une approche qui n'est pas chronologique. Plutôt que d'évoquer le retour de De Gaulle en 1958 et d'introduire une grande ellipse vers 1968, le scénariste se place d'emblée en 1968. Il use, et abuse, de la propension du président à revenir en 1958. Si le procédé a le mérite d'être original, il devient un peu lourd à l'usage. Certes De Gaulle a perdu de sa superbe mais il n'est pas le gâteux qu'on veut bien nous présenter. C'est bien simple, il nous fait penser au vieux César de La belle et le clochard. En revanche, on visualise bien la rivalité avec François Mitterrand et la dualité de sa relation avec Georges Pompidou ; tout autant que sa déconnexion avec le pays.
 

Comme on ne change pas une équipe gagnante, c'est toujours Claude Plumail qui assure le dessin. Là aussi, les époques se suivent et rien ne change mais c'est plutôt pour le meilleur. Le trait gagne, un peu, en rondeur à l'image du personnage et le style réaliste est toujours aussi efficace. Un satisfecit enfin à la mise en couleur de Sébastien Bouet qui, grâce à un choix judicieux, nous transporte dans les intérieurs des années 60’s,  tout en marquant les nombres flash-back avec des dominantes de gris. On se croirait devant une vieille télé noir et blanc.

Avec cet ultime épisode de la biographie de Charles De Gaulle, une page se tourne pour la France qui restera éternellement redevable au grand homme. Pour le lecteur, cette période prend des allures de fin de règne et on comprend la subtilité de l'époque. Avec une certaine nostalgie, cela apporte une autre vision de Mai 68 et ce n'est pas la moins intéressante.


Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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