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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Chez Adolf 3.1943

Chez Adolf 3.1943

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Chez Adolf
Tome 3 - 1943
 
Scénario : Rodolphe
Dessin : Ramon Marcos
Couleurs : Dimitri Fogolin
Editions : Delcourt
 
 
En cette année 1943, la guerre change d’aspect. L’Allemagne connaît sa première défaite à Stalingrad. Pour Karl Stieg, la vie, rythmée par les bombardements, reste assez douce : il s’est marié et a pris la direction du collège. Mais dans son fort intérieur, il reste toujours sur le qui-vive…
Suite de la chronique des gens ordinaires dans l’Allemagne nazie consacrée à l’année 1943. Une année, et un album, charnière qui conserve toutes les qualités de la série.
 

 A la pension de famille Chez Adolf, cette année 1943 est, presque, paisible. Il y a bien les bombardements qui obligent les habitants à se réfugier à la cave mais, jusque-là, l'immeuble tient toujours debout. C'est d'ailleurs grâce à cela que le professeur Karl Stieg a fait la connaissance de Mona. L'immeuble où logeait la jeune fille et sa mère ayant été détruit, il a été ordonné à ceux dont le logement était encore intact d'héberger les sans-abris. Et puis, de fil en aiguille, un sentiment amoureux s'est créé entre Karl et Mona, et tant pis pour Rosa. Le bonheur du couple s’amplifie encore lorsque, toujours à la suite d'un raid aérien, le directeur du collège meurt et qu’on  propose le poste à Karl. La seule ombre au tableau tient dans la situation géopolitique du pays. L'Allemagne du Führer est toujours empêtrée dans la guerre, et sur le front de l'Est, la bataille de Stalingrad vire à la débâcle. Malgré les discours, toujours enthousiasmes, de Goebbels, le cœur n'y est plus. A la pension, Adolphe doute, Richard Neuman souffre de stress post-traumatique et la famille Feldman est rongée par l'inquiétude de savoir son fils, le petit Hermann, sur le front de l’Est. C'est à ce moment que Karl reçoit une lettre. Une lettre venue d'une vie antérieure. Une lettre comme une nouvelle menace…

Avec le retour de la guerre en Europe, les actualités nous rappellent que ce n'est pas qu'une affaire d'hommes. La guerre, elle frappe encore et toujours les civils; même lorsqu'ils ne se trouvent pas sur la ligne de front. Pourtant, les deux guerres mondiales ont toujours eu cette image d’opposition idéologique entre des chefs charismatiques et les historiens vulgarisateurs négligent souvent la vie des petites gens. Il est vrai que ce sont eux qui laissent le moins de traces. C'est pour rendre hommage à ces messieurs et mesdames Tout-le-monde que Rodolphe a imaginé Chez Adolf, la vie quotidienne d'une pension de famille avec en héros le professeur Karl Stieg. Membre du parti nazi par obligation plus que par conviction, il tente de passer ce moment sans trop d'encombres. Cet épisode, consacré à l'année 1943, marque de nombreux changements. Tout d'abord, Karl s’est marié et il a reçu une promotion. Si tout semble lui sourire, il n’en oublie pas la guerre qui se rappelle, violement, aux habitants par les bombardements, les discours zélés de Goebbels et les morts de Stalingrad. Si cela peut sembler banal, la vie de Karl est épicée par de vieux démons qui vont remonter à la surface et pourraient le faire plonger. Cela donne un récit d'une grande efficacité et d'une sensibilité rare car il donne toute sa place à l'humanité dans des moments inhumains. Il nous rappelle que l'instinct de survie des Hommes et la solidarité ne sont pas que des vains mots et qu'ils peuvent également s'appliquer à ceux qui ont le mauvais rôle. On s'identifie à ces personnages et on se demande ce  qu’on aurait fait à leur place. Surtout, on est soulagé de n'avoir pas à décider. Cette identification est d’autant plus facile que le trait réaliste de Ramon Marcos nous immerge dans cette Allemagne meurtrie des années 40. Les décors montrent parfaitement l'ambivalence du pays entre des villes et des civils meurtris et des dignitaire dans leur bulle de luxe et d'ésotérisme. Chaque personnage est identifiable au premier coup d'œil, même de loin et porte sa psyché sur son visage. C'est ainsi que les agents de la Gestapo sont particulièrement inquiétants. Mais à ce jeu, l'apparition du jeune époux Konrad est particulièrement réussie. Comme la situation change, les personnages aussi et cela se voit. Le plus spectaculaire concerne Adolphe mais tous conservent leur part d'ombre dont le voile se déchire petit à petit.

En cette année 1943, la guerre connait un tournant et cela s’en  ressent pour Karl Stieg et les pensionnaires de Chez Adolphe. Jusqu'ici il a réussi à éviter les coups. Mais jusqu'à quand ? Car les ennuis se rapprochent et nul doute que les auteurs ont encore de nombreux rebondissements dans leur carton. Nous, nous avons hâte de découvrir ce qu'il va advenir de cette chronique de la vie ordinaire durant la Seconde Guerre mondiale.


Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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