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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Inversion

Inversion

INVERSION

Scénario : Sylvie GAILLARD - Frank WOODBRIDGE
Dessins : Kolonelchabert
Couleurs : Renaud ANGLES
Editions : Grand Angle


 
A partir d’un sujet commun où se mêlent rêve et réalité, les auteurs ont su travailler en collaboration pour livrer une belle partition sur la dépression et ses conséquences.
 

 Depuis le départ de Clara, Paul vit seul dans son appartement qui ressemble plus à une salle des fêtes un lendemain de soirée qu’à un loft de gendre idéal. Pourtant Paul est bourré de talent, c’est un compositeur reconnu mais depuis quelques semaines il n’arrive plus à sortir aucun son. Il préfère fuir et se réfugier dans les antidépresseurs ou autres somnifères. Ces phases de sommeil sont pour lui comme une échappatoire. Ses rêves lui rappellent les bons souvenirs de soirée avec ses amies et surtout Clara, toujours présente à ses côtés. Paul s’enferme un peu plus chaque jour dans cette vie où se confondent la réalité et le virtuel qui semble pourtant si réel, jusqu’au jour où il va faire la connaissance de Nina, une collègue de Clara qui est venue récupérer ses affaires. Nina saura-t-elle le sortir de sa tourmente ou bien deviendra-t-elle également une actrice de ses rêves.
 

 Inversion est à n’en pas douter, un album qui va toucher un bon nombre de lecteurs. Qui n’a pas dans sa vie douté, ressenti cette mélancolie suite au départ d’un conjoint, d’avoir le sentiment de tout rater, de basculer petit à petit dans un spleen qui mène à la dépression. Paul est sur cette pente glissante suite au départ de son amie. Il culpabilise, s’éloigne de ses proches sans s’apercevoir qu’ils sont là pour l’aider. A ses problèmes de cœur viennent ensuite s’additionner ses problèmes professionnels. Paul est un compositeur, un milieu où il est difficile de vivre correctement surtout si l’inspiration fait défaut.
 

Finalement, avec la banalité d’un sujet si commun, les scénaristes ont su mettre ce récit en mélodie pour en donner une lecture agréable et fluide. Le lecteur ne se trouve pas coincé dans un parti pris. Il est spectateur du récit, il peut prendre du recul pour bien analyser la situation.
 
Paul est dans le gouffre, pour lui la seule solution comme pour beaucoup de dépressifs est de partir dans des mondes imaginaires avec des substances euphorisantes pour se sentir bien, heureux et échapper à la réalité. Mais ces palliatifs ne peuvent être que provisoires car la dépendance peut amener à la mort. Personne n’est à l’abri de ce type de situation, cet album peut être prescrit dans le cadre de geste préventif.
 

Alexis Chabert est le dessinateur désigné pour mettre en harmonie les textes de Sylvie Gaillard et Frank Woodbridge. En compagnie du coloriste, ils vont par leur style graphique original, alterner les phases dépressives (avec des traits appuyés et aux couleurs foncées) avec les phases de rêves (beaucoup plus claires et enjouées). Les scènes sont hyper détaillées et fournies avec pas mal de clins d’œil comme pour les shampoings sous la douche. Cette ambiance tellement naturelle créée par le dessinateur vient ainsi renforcer et se caler parfaitement au sujet.
 
A partir d’un sujet commun où se mêlent rêve et réalité, les auteurs ont su travailler en collaboration pour livrer une belle partition sur la dépression et ses conséquences.
 


Eric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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