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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article L'assassin des petits carreaux.

L'assassin des petits carreaux.

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L’assassin des petits carreaux
 
Scénario : Nathalie Ferlut
Dessin et couleurs : Etienne Oburie
Éditions : Delcourt
 
 
Ania vit recluse, noyant la perte de son époux dans l’alcool. Malgré tout, lorsqu’elle découvre Renée, sa voisine du 6e morte devant leur immeuble, elle ne peut se résoudre au suicide. Ania va donc mener son enquête, et accessoirement reprendre sa vie en main !
Une enquête pleine de rebondissements dans le Paris de l’après-guerre doublée d'une ode à la tolérance universelle.
 

Ania vit recluse, prisonnière volontaire chez elle. Sa seule distraction tient en sa voisine du 6e étage qui tente, désespérément, de la faire sortir. Le jour du 4e anniversaire de la mort de son mari, Ania refuse, une nouvelle fois, de sortir. Elle absorbe ce qu'elle pense être une dose mortelle de laudanum. À son réveil, elle est intriguée par un attroupement au pied de son immeuble, autour du corps de Renée. Pour Ania et son fantôme d’époux, il est impossible que Renée se soit suicidée. Lorsqu’elle entend Madame Citre, la concierge, fouiller dans les affaires de la défunte, Ania décide de protéger sa mémoire. Elle verse un mois de loyer et jette, elle-même, un œil dans une mystérieuse boîte. Elle découvre une énigmatique photographie dédicacée par le prince André. Une photographie prise dans un bistrot nommé la Renaissance. Le café fait face au bal des truites, un troquet qui abrite une maison de passe. C'est alors qu’Ania fait la rencontre de Mouche, une fille de la campagne un peu naïve qu’elle prend, bien malgré elle, sous son aile. Elles reçoivent la visite de l'inspecteur Le Rognon qui leur apprend que l'appartement de Renée a été cambriolé et qu'il est à la recherche de bijoux volés. Et si toutes ses affaires n'en faisait qu'une…

Après la Pyramide de Ponzi, Nathalie Ferlut quitte une nouvelle fois ses crayons pour revenir à ses stylos. En tant que scénariste, elle imagine une enquête policière qui lui ressemble. Dès les premières pages, on fait la rencontre d’Ania, l'héroïne. En négatif au début car elle brille surtout par son absence puis on découvre vite pourquoi. Cela fait quatre ans que son époux chéri est mort à la guerre, quatre ans qu’elle vit, seule et recluse, noyant son chagrin dans l'alcool. C'est sans compter sur sa voisine du 6e, Renée qui la pousse, en vain, à sortir. Si l'héroïne est vite présentée, elle n’en conserve pas moins certaines zones d'ombres que le scénariste va dévoiler en prenant son temps, au gré des rencontres. Car Ania, poussée par la culpabilité, va devoir sortir. Lorsqu'elle découvre Renée, morte devant leur immeuble, Ania ne peut se résoudre un suicide : Renée était la joie incarnée ! Alors quoi? Avec ces maigres prédispositions mais du bon sens et une certaine jugeote, Ania va mener son enquête. Cela l'a fait sortir, rencontrer d'autres personnes, bref, cela la force à reprendre une vie normale. Cette intrigue brille davantage par la qualité de ses rebondissements que par son rythme, un peu trop lent. On suit les interrogatoires menés par Ania, l'héroïne, en se demandant si son interlocuteur est sincère et s'il a un mobile. Évidemment, Renée cache une part de mystère et dans ce Paris du début des années folles, cela risque de faire rougir l'intègre et traditionnelle Ania. Car cet album, c'est également une ode à la tolérance, au vivre ensemble, et ça peu importe qu'on soit en 1921 ou un siècle plus tard. Cet aspect, à la fois passée et présent, on le retrouve dans le dessin d’Etienne Oburie. On retrouve l'usage des lunettes vides de tout sentiment qu'on avait découvert avec La mort aux yeux de cristal mais le dessinateur va beaucoup plus loin. Il navigue entre caricature et trait réaliste que ce soit pour les personnages ou les décors, faisant parfois preuve d'une immense minutie pour un objet secondaire, sans que l'on sache pourquoi. De nombreuses vignettes restent sans décor, nous forçant à nous focaliser sur les personnages. Le tout a un petit côté suranné qui n'est pas déplaisant mais qui, là aussi, manque un peu de rythme.

C'est donc un album qui assure l'essentiel, une lecture agréable avec une enquête pleine de rebondissements menée par ses personnages sympathiques et avec une mise en page sobre mais efficace.
 

Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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