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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Chez Adolf 2.1939

Chez Adolf 2.1939

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Chez Adolf
Tome 2 - 1939
 
Scénario : Rodolphe
Dessin : Ramon Marcos
Couleurs : Dimitri Fogolin
Éditions : Delcourt

 
En cette année 1939, l’hydre nazie est confortablement installée en Allemagne. Pour le professeur Karl Stieg, l’important concerne davantage ses amis et ses amours que les méandres de la politique européenne. Il se rend tout de même compte que son pays a bien changé depuis l’arrivée d’Hitler au pouvoir et qu’il lui est toujours plus difficile de rester éloigné du marigot.
Suite de l’évocation de la vie quotidienne d’un allemand moyen toujours aussi efficace et émouvante.
 

1939, l'année débute paisiblement pour les locataires de chez Adolf, comme pour les Allemands en général. Leur pays a retrouvé son prestige, gagné 120000 km2 et la guerre ne semble pas être une préoccupation du chancelier Hitler. Bien sûr, les plus observateurs ont remarqué le réarmement mais de toute façon, le professeur Karl Stieg a d'autres chats à battre. Sa voisine Rosa est de plus en plus distante et de moins en moins discrète avec d'autres hommes. Puis Karl apprend que son ami Hugo a eu un grave accident de voiture et qu'il ne s'en est pas sorti. À l'enterrement, le professeur apprend cependant qu'il s'agit d'un attentat et qu'il ne serait pas forcément l’œuvre d'ennemi. Si le coup est rude pour Karl, il l'est encore plus pour Hilde. Tant bien que mal, la vie reprend son cours. Les violences s'aggravent touchant la synagogue et jusqu'au pasteur. Sans parler de la propagande antisémite et belliqueuse. Sans très bien comprendre pourquoi, Karl se voit hériter d'un objet de Hugo. Il retrouve donc la jolie Hilde dans le château de la famille von Arnim. Entre les deux anciens collaborateurs, l'attirance est réciproque. Le problème vient peu après, lors d'une balade en forêt. C'était quelques jours avant que Gertrud ne lui fasse parvenir une lettre d'adieu, quelques jours avant que le pasteur ne lui donne des photos des camps de concentration, quelques jours avant le 1er septembre 1939. Non décidément, 1939 n'est pas une si bonne année…

De la Seconde Guerre mondiale, on sait ce que l'on en a appris à l'école. Les grandes dates, le rôle d'Hitler et le génocide juif sont toujours des incontournables des manuels scolaires. Certains d'entre nous ont d'ailleurs peut-être pu se rendre dans ces lieux de mémoire bouleversants et d'autres ont entendu parler de responsabilité individuelle et collective. Est-ce que le peuple allemand porte une responsabilité collective dans l’extermination des Juifs d'Europe ? Oh bien sûr, le procès de Nuremberg à juger les responsables individuellement, mais le peuple ?  Pouvait-il ignorer ? Tous étaient-ils profondément nazis et antisémites ? Pouvait-on rester loin de ces idées nauséabondes sans risquer pour sa vie ? C'est à ces questions, et à d'autres que j'oublie, que cherche à répondre Rodolphe et Ramon Marcos. Et quel meilleur héros qu'un monsieur tout le monde. En l'occurrence il s'agit de Karl Stieg, modeste professeur de collège. À travers lui, on va vivre les bouleversements qui vont secouer l'Europe en 1939. Oui, oui, 1939. Les auteurs font le lien entre les deux épisodes par une première page consacrée à des ellipses très claires sur la grande Histoire. La petite, celle de Karl, va être complétée en quelques pages. De toute façon, c'est une toute nouvelle intrigue qui se joue sous nos yeux. Humaniste convaincu, Karl peut-il ne pas voir l'inéluctable approcher ? Il est davantage focalisé sur la mort de son ami Hugo et sur l'enquête. Mais Karl est aussi joli garçon et entre Rosas, Gertrud et Hilde, il joue un peu les cœurs d'artichaut. Il n’est cependant pas dupe et il a bien remarqué d'étranges rôdeurs qui semblent la surveiller. Mais dans cette Allemagne où tout le monde surveille tout le monde… Une question reste cependant en suspens : combien de temps pourra-t-il rester éloigné du marigot. Côté dessin, c'est toujours Ramon Marcos qui officie. Son trait mi-réaliste mi-caricatural et 100% néo-rétro fait toujours des merveilles dans la représentation des personnages. Non seulement ils deviennent tous immédiatement reconnaissables mais leurs défauts transparaissent sur leur visage et cela aide à la compréhension du contexte (bien que cela ne fût pas aussi simple dans la réalité). La mise en page est assez classique et donne l'impression de calme alors que l'Histoire s'emballe. Il en va de même pour les décors et la colorisation. Chez Adolf, la vie s’écoule encore paisiblement loin des affres du pouvoir. Le chambardement couve pourtant mais ça, ce sera dans le prochain épisode.

Raconter la vie d'un Allemand ordinaire dans une époque extraordinaire, tel pourrait être le résumé de cette saga. Cela se révèle pourtant impossible car, aux vues des circonstances, tout le monde devient extraordinaire et chez Adolf, Karl ne fait pas exception. Une histoire dans l'Histoire à lire  pour mieux comprendre la nature humaine et la vie dans l'Allemagne nazie.
 

Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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