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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Chronique "Les Godillots" Tome 3

Chronique "Les Godillots" Tome 3

             Alors qu’à la fin du tome 2 nous avions laissé nos héros quelque part dans les Vosges, nous retrouvons cette fois-ci les soldats Palette et Le Bourhis dans la Marne, à quelques mois de la fin de la guerre. L’action débute sur l’aéroport de Tancy-sur-Marne. Lors d’une conférence de presse où nos héros ont pour mission de servir le cocktail, un général de l’armée française présente aux journalistes les festivités prévues pour la commémoration de la victoire de la Marne en septembre 1914. Le clou de cette célébration sera le passage en rase-motte sous le premier étage de la Tour Eiffel par l’as des as de l’aéronautique militaire française, le capitaine Alexandre d’Esterrat, à bord du “Goéland”, son SPAD XI aux multiples victoires.


Or, le capitaine D’Esterrat goûte peu à toutes ces mondanités. Il s’impatiente, il bouillone et c’est une question posée par l’un de ces “scribouillards” de journalistes, comme il les appelle, qui va mettre le feu aux poudres. La jeune Marie Pivain, en reportage pour Les Nouvelles du Soir, lui demande comment il vit le fait d’être dans l’ombre du célèbre lieutenant Fonck, le pilote aux 56 victoires, alors que lui n’en totalise que 54. Le sang du capitaine ne fait qu’un tour et, guidé par son égo surdimensionné, il se met en tête de montrer à ce parterre de bureaucrates qui est le plus grand pilote de l’armée de l’air française. Et quoi de plus valeureux que d’aller chercher l’ennemi derrière ses propres lignes. Seulement, on peut faire confiance à Marko et Olier pour que rien ne se passe tout à fait comme prévu...
 
Ce nouvel opus dans la série des Godillots vient confirmer tout le bien que je n’imaginais pas nécessairement penser de la série au départ. Ben oui... nourri au Tardi et baigné de la noirceur habituellement associée à cette période, je n’ai tout d’abord pas bien compris où cette série voulait aller, et où elle voulait emmener ses lecteurs. Mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris qu’il ne servait à rien de lutter contre le plaisir qu’elle procure, car, comme Guillaume Apollinaire pouvait écrire “Ah Dieu ! que la guerre est jolie”, sous les aquarelles de Marko la réalité hideuse de 1914-18 est transfigurée (sans pour autant être niée).
 
A vrai dire, la lecture de ces trois tomes réussit le tour de force de replonger le lecteur en enfance, alors que tout dans le sujet porte au tragique. Tout commence par la sensation d’être à nouveau un petit gamin ébahi par la beauté des planches d’un bon vieil album de BD franco-belge avec ses couleurs vives, ses dessins ronds, ses personnages attachants et son univers familier. Ensuite, le point de vue adopté par les auteurs amène un changement du regard qu’un lecteur adulte aura tendance à porter sur la Grande Guerre : on lorgne ici vers le récit d’aventures avec un grand A, avec cependant un respect méticuleux de la réalité de l’époque. Ce souci de véracité est d’autant plus flagrant dans ce troisième tome que les auteurs s’attaquent à la manière dont la guerre a pu être menée depuis les airs : les aéronefs militaires français et allemands sont des héros à part entière de ce volet. De même, on délaisse un peu le 435ème R.I. et ses soldats, pour laisser le jeune et mystérieux Bixente occuper une place plus centrale, ou encore pour découvrir l’histoire tragique qui lie le capitaine D’Esterrat à son mitrailleur.

En définitive, il n’y a rien de plus plaisant que de se laisser séduire, et c’est ce les Godillots parviennent à faire sur le créneau déjà très occupé de la BD de guerre. Pour avoir eu la chance de rencontrer Marko, le dessinateur de la série, lors d’un atelier avec des élèves de lycée, c’est une recette qui fonctionne autant sur les lecteurs adolescents qu’adultes, et la passion que les auteurs ont insufflé à leur création, autant que leur complicité espiègle (cf. les suppléments illustrés à la fin de chaque tome) y sont, à n’en pas douter, pour beaucoup.


 
Gauthier Yannick
Professeur documentaliste
CDI du lycée Robert Schuman
4 rue Monseigneur Pelt
57074 METZ



Merci à M Gauthier pour la rédaction de cette chronique et également à toutes les personnes pour l'accueil réservé à Marko lors de sa tournée d'hiver entre Verdun-Metz et Mulhouse et ceci en collaboration avec La Bande Du 9.
 


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