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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Indochine 3.La ville du ciel

Indochine 3.La ville du ciel

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Indochine
3. La ville du ciel
 
Scénario : Jean Pierre Pécau
Dessin : Maza
Couleurs : Jean Paul Fernandez
Éditions : Delcourt
 
Le sergent-chef Baverel change de monture. Finis les avions, il pilote désormais des hélicoptères. Mais comme on ne change pas un homme, Armand imagine une nouvelle façon de faire la guerre. Si elle ne plaît pas à la hiérarchie, elle intéresse les barbouzes françaises et américaines et pourrait bien changer le cours de la guerre.
Avant dernier épisode de la biographie uchronique d’Armand Baverel, La ville du ciel est toujours ultra spectaculaire, exotique et parfaitement documentée. Un excellent album charnière.
 

Sur la base de Djibouti, un sergent s'entraîne pour son brevet de pilote d'hélicoptère en chassant la gazelle en rase-mottes. Si l'entraînement est toléré par la hiérarchie, ce n'est pas le cas du trafic de corne de gazelle et le sergent écope de 15 jours d'arrêt ; qu' il effectuera sur le SS Pasteur en partance pour Saïgon. Ce sergent, c’est Armand Baverel et, à peine de retour en Indochine qu'il refait parler de lui. Il demande à Jojo, son mécanicien, de transformer un peu son S 55, son hélicoptère lourd de transport de troupe. Si cet « éléphant joyeux » est d'une efficacité rare, il n'est, de nouveau, pas au goût de la hiérarchie militaire. Mais au pays de l'eau, il est des personnes qui ne s’entichent guère des ordres de la grande muette. Armand est ainsi recruté par le colonel Savani des services secrets, surnommé le Machiavel Corse, pour une opération spéciale. Il est également dans le viseur d’Ed Lansdale, un espion de la CIA. Il faut dire que l'Indochine a bien changé depuis le départ d’Armand. Les Français sont convaincus que la victoire est proche, les Américains que la défaite est inéluctable ;  et ils préparent le terrain. Comme toujours, Armand va devoir naviguer entre deux eaux...

La guerre du Vietnam fait l'objet d'une vaste historiographie, aux États-Unis, qu'elle soit universitaire ou hollywoodienne. Il n'en est pas de même pour les guerres de décolonisation françaises. Mettons de côté de la guerre d'Algérie pour se concentrer sur celle d'Indochine. C'est le cadre de la quadrilogie que Jean-Pierre Pécau consacre un véritable héros de la guerre : Armand Baverel. Plus qu'une biographie, le scénariste privilégie l'imagination pour nous faire le panégyrique de cette as de l'aviation. C'est ainsi que l'album s'ouvre sur le désert de Djibouti. Toujours forte-tête, le sergent-chef Baverel passe son brevet de pilote d'hélicoptère ( c'est vrai) et afin d'améliorer l'entraînement et l'ordinaire, il chasse l'antilope (ça reste à prouver). Évidemment, cela ne plaît pas à ses supérieurs qui le renvoient en Indochine en fond de cale. A la manière du fils prodige, le retour du héros au pays de l'eau va être spectaculaire. Il faut dire que Baverel semble attirer les emmerdes qui veulent souvent en escadrille. Il y a aussi la situation du pays : si les Français pensent pouvoir gagner la guerre, les États-Unis, CIA en tête, préparent déjà leur succession. Armand lui, navigue à vu. Il nous apparaît tout de même plus sensible et réfléchis que dans les précédents épisodes. Il faut dire que le scénariste lui laisse ,  ainsi qu’aux lecteurs, quelques instants pour reprendre son souffle. Pour le reste, les fusillades et autres attentats succèdent aux remontrances de la hiérarchie militaire. Sans être infernal, le rythme est assez soutenu et les missions s’enchaînent aussi vite qu'une marche militaire. Le tout est joliment illustré par Maza. Le dessinateur bosniaque reste fidèle à son trait semi-réaliste. Les visages sont émaciés par le soleil, la chaleur et la guerre. Les paysages sont d’un exotisme qui nous transporte en Extrême-Orient et les machines sont superbes ! N'hésitant pas à sortir du cadre, elles semblent presque voler la vedette au sergent Baverel. Qu’on  se rassure, il tient magistralement sa place grâce à la colorisation de Jean-Paul Fernandez qui fait de sa tenue bleu horizon une sorte de phare dans l'intrigue et dans le chaos de la péninsule.
 
La fin de la guerre approche et le sort oscille entre victoire et défaite. Grâce à son caractère et à ses astuces, Armand Baverel pourrait bien faire pencher la balance dans cette excellente biographie légerement uchronique et ultra spectaculaire. Vivement l'épisode l'ultime épisode.


Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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