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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article INTÉGRALE TROU DE MÉMOIRE

INTÉGRALE TROU DE MÉMOIRE

Assis sur le trottoir, adossé à un poteau électrique aux odeurs nauséabondes, je sens soudain la pluie qui vient me réveiller en me fouettant le visage. C’est la nuit, les passants me jettent des regards noirs. Je me redresse rapidement, n’ayant aucun souvenir de ce qui a pu m’arriver. Je ne semble pas blessé à part au front où quelques gouttes de sang viennent perler sur mon visage. La rue m’est familière, il s’agit de celle qui mène à mon bureau. La pluie me glace l’échine, je referme un à un les boutons de mon pardessus et je constate qu’il m’en manque un. Je remonte la rue en essayant de me souvenir de ces dernières heures.
Une fois au sec, je déclenche l’interrupteur de cette pièce qui me sert de bureau. Parmi les colis, service de presse, BD, bons de commande et autres factures, je tombe sur un curieux coffret noir posé sur le bureau devant l’ordinateur. Pas d’adresse d’expédition, pas de courrier d’accompagnement.
 

La curiosité me pousse de suite à le prendre à main. Il est de couleur mate, robuste et semble peser un certain poids. Sur la tranche je peux lire « Trou de mémoire – Les crayonnés – Seiter – Regnauld ». La première série de mots me rappelle ce foutu mal de crâne qui m’envahit. Quant aux deux noms, ils m’évoquent quelque chose, ils me semblent liés à une vieille enquête menée à San Francisco puis New York dans les années 60 par les inspecteurs Carnovsky et Gowan. Sur le dos du coffret, le dessin d’un homme en pied et un logo représentant un dragon. Ce dernier pourrait m’évoquer l’Asie mais n’ayant aucun contact dans les pays du soleil levant, la piste s’arrête là.
 

Le mal de crâne passant, la mémoire me revient petit à petit. Regnauld, Pascal de son prénom, parfois écrit avec uniquement un L ou un D, sûrement une couverture, est un dessinateur champardennais qui a pas mal sévi dans l’anthropomorphisme. Seiter Roger, prolifique scénariste qui ne compte plus le nombre de contrats qu’il a signés, sa biographie est tellement longue qu’il faut scroller plusieurs fois avant d’en voir la fin. Mais cela ne résout pas le mystère de mon dragon. Je me souviens que Seiter est alsacien mais je n’arrive pas encore à faire le lien. J’aurais tout de suite compris que ce coffret venait d’Alsace si j’avais vu une cigogne mais cela aurait été trop facile et sûrement déjà fait.

Je décide donc d’ouvrir le coffret pour obtenir plus d’indices et en particulier ce cahier de crayonnés qui mentionne toujours en couverture ce fameux « trou de mémoire » et toujours ce dragon. En feuilletant les pages, je me rends compte que je suis sur la bonne piste, cela me replonge dans cette histoire policière parue en 2015 et 2016. J’y découvre tous les travaux préparatoires, les détails des perspectives qui vont servir à poser les dessins. Pourtant dans ma mémoire, l’histoire était en couleur or ici, seulement quelques cases viennent s’intercaler parmi les crayonnés. Cela donne un certain charme à cet ouvrage qui n’est pas pour me déplaire et me confirme être sur la bonne piste.
 

Je découvre ensuite dans ce coffret une enveloppe marron qui semble contenir d’autres éléments. Vu sa taille, il est évidant qu’il n’y a pas de calibre 38 ni de cash à l’intérieur mais d’après son épaisseur, le contenu doit être fourni. Sur l’enveloppe, il est indiqué 5 Mai 1964 et le nom des inspecteurs Aaron Carnovsky et Mac Gowan. Plus de doute, je suis bien sur la même affaire, ce coffret est lié au meurtre de la jeune femme retrouvée sur les quais et qui fut à l’origine de la fiction imaginée par les deux auteurs.
 

Dans cette enveloppe se trouve une multitude d’indices : 5 photos sous forme de carte postale, représentant toujours ce même visage froid au regard de tueur, 2 jolies affiches pin-up qui vont vite trouver leur place sur les murs jaunis de mon bureau puis quelques cartes de visite et autres permis de conduire au nom de Wilson et Larson mais toujours avec cette même photo de personnage patibulaire. De mémoire, ce visage ne m’est pas inconnu mais je l’aurais plus facilement associé aux noms de Lansky ou Milton Gilford.
 

Et enfin un dernier élément qui va confirmer ma vision d’être sur les traces d’un tueur, un petit cahier de plusieurs pages avec une série de photos, de noms portant tous la même indication : contrat exécuté. En dernière page, la photo et le contrat du sénateur de Californie, William J Patterson. C’est maintenant une certitude, toutes ces pièces sont issues de l’histoire « trou de mémoire » et sont là pour sublimer le dytique de cette histoire et ce coffret grand format.
 

Mais je n’en ai pas fini, il me reste la dernière pièce, une intégrale regroupant les deux volumes dans un grand format, avec du papier épais le tout dans une couverture entièrement toilée avec une jaquette au vernis sélectif à rabats qui permettent de sublimer le travail réalisé par les auteurs et en particulier le dessin de Pascal Regnauld si particulier et qui par cette histoire deviendra sa patte. A l’intérieur, il y a un certificat d’authenticité limité à 50 exemplaires hors commerce, signé par les deux auteurs comme pour avouer leur complicité à l’édition de ce magnifique objet. L’intégrale est complétée par pas moins de 40 pages d’un séquencier qui retrace tous les éléments de l’affaire.
 


Et en fin d’album, je résous enfin mon mystère de dragon. Le coupable de cette édition n’est autre que les Editions des 4 mondes, situées en Alsace. Je me plonge aussitôt sur leur site internet www.4mondes.com pour aller vite commander quelques exemplaires pour les fêtes de Noël. Il est clair qu’au tarif de 169 € avec une telle qualité et le nombre de goodies accompagnant l’album, celui-ci sera vite épuisé.
 
 

Eric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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