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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Interview Serge Ernst

Interview Serge Ernst

Bonjour Serge,
Depuis des années, vous nous faites rire à travers des séries tels que Clin d’œil, William Lapoire, les zappeurs… et depuis 2012, changement de braquet avec la série Boule à Zéro puisque vous allez utilisez l’humour mais cette fois ci pour faire passer un message. Qu’est ce qui a provoqué ce déclic, ce choix ?


- Chez mon éditeur précédent, je terminais un contrat qui m’a laissé deux ans pour préparer un nouveau projet.  Comme je ne voulais plus assurer le scénario moi-même, j’ai demandé à ZIDROU s’il n’avait pas dans ses tiroirs une histoire pour moi.
 

Il m’a dit qu’il en avait une depuis une bonne quinzaine d’années et que personne ne voulait faire.  Et pour cause, le thème était : la maladie de l’enfant…  J’ai demandé à la lire malgré tout, et j’ai trouvé ce récit très beau, poignant, et traité d’une manière intelligente. De plus, il me rappelait une époque en 1984 où la fille d’un couple d’amis séjournait à l’hôpital pour un cancer des reins. Ce que je trouvais dans le récit me rappelait beaucoup de choses que j’avais vues en allant visiter la petite Marine qui avait 4 ans à l’époque (et qui est guérie depuis).  La lecture fut un vrai choc émotionnel, du coup, j’ai dit à ZIDROU que je voudrais en assurer le dessin. Sachant qu’il serait très difficile de placer une telle BD et par manque de temps, Il m’a laissé la difficile tâche de trouver un éditeur. De fait, après avoir dessiné quelque planches et montré le projet à une bonne quinzaine d’éditeurs, quasiment personne ne voulait de cette histoire qu’ils trouvaient pourtant formidable !
Seul Olivier SULPICE (PDG des Editions BAMBOO) a manifesté un vrai enthousiasme !  Du coup, nous avons signé chez BAMBOO.
Et bien nous en a pris, car il a véritablement défendu l'album !
Enfin un éditeur qui fait bien son métier et qui prend des risques.
 
La série Boule à zéro, traite d’un sujet qui peut toucher malheureusement tout le monde, à savoir la maladie. Pouvez-vous présenter cette série pour ceux qui ne la connaisse pas encore ?

- Il s’agit de l’histoire d’un enfant de 13 ans qui vit depuis 9 ans à l’hôpital à cause d’une sorte de leucémie qui la terrasse.  Le récit parle de sa vie à l’hôpital, avec ses copains malades également, du personnel soignant, des visiteurs…  C’est raconté avec justesse, émotion, et ceci sans tomber dans le pathos ou la gaudriole.  Bien sûr, c’est un sujet qui peut paraitre rédhibitoire, mais lorsque je suis en dédicace, beaucoup de gens qui font l’effort de lire la BD reviennent ensuite vers moi pour me dire que « ce n’était pas ce qu’ils croyaient »…  Et puis ils achètent toute la série !
 

 Comment cette série est-elle accueillie par le public ?

- Je dois avouer que jamais dans ma carrière (de plus de 40 ans), je n’ai eu autant de bons retours qu’avec cette série !  Aussi bien de la part des lecteurs que de la presse, plus de cent médias se sont intéressé à cette série, les commentaires sur le site de l’album affluaient, c’est assez incroyable…
Et le public grandit tous les jours, car tous les tomes antérieurs continuent à se vendre toujours très régulièrement…
 
Est-ce qu’elle obtient le soutien des établissements de santé, des médias, de l’état car au-delà de la carrière Bédéphile, Boule à zéro traite d’un vrai sujet de fond, il y a des vrais messages à faire passer et la BD est le support idéal. Quant est-il exactement ?
 
- Comme je viens de le dire, les médias ont été formidables, de même que les libraires pour qui BOULE À ZÉRO a été leur coup de cœurs lors de la sortie du premier tome, et on ne les remerciera jamais assez, car cela a été un fameux coup de pouce pour nous.
Maintenant, parallèlement à cette belle aventure, j’ai créé en 2012 une association loi 1901 «  2000 BD »  (www.2000BD.org) dont le but est de distribuer gracieusement cette BD aux enfants malades hospitalisés en France, Belgique,  Suisse, Luxembourg, Espagne, USA, Pérou, Honduras, Népal… Et la recherche de fonds pour financer l’achat des albums s’est plutôt dirigée vers les privés, car les instances publiques ou les établissements de santé n’ont malheureusement plus d’argent…
 


Je suppose que vous avez été à la rencontre des enfants, Quels regards portent-ils sur leur maladie et sur la transposition de celle-ci dans la BD ?
 
- J’ai remarqué au fil de mes rencontres avec les enfants qu’il est bien plus facile d’aborder ce sujet-là avec eux qu’avec les adultes. C’est normal, les adultes ont une approche différente, souvent marquée par leur vécu, leur passif, ou même par l’entourage familial, tandis que les enfants ont une vision plus « naturelle » neutre et plus simple pour aborder ce sujet. De plus, l’histoire les concerne et ils me disent parfois se reconnaitre dans le récit.
 


Pensez-vous à travers ces échanges que Boule à zéro est un espoir pour eux à la voir pour les divertir mais également pour parler librement de leur maladie, pour se faire comprendre par le monde extérieur ?
 
- Le personnel soignant ou les associations liées au cancer de l’enfant nous font de bons retours en nous remerciant de réaliser une BD sur ce thème.  De même, les médiathèque, bibliothèque ou écoles nous disent que souvent ils font lire cette BD pour susciter des débats sur le thème de la maladie des enfants, le cancer…  Dans ce sens, si jamais cette série peut susciter d’avantage d’empathie et de compréhension de la part des « extérieurs » nous ne pouvons que nous en réjouir.

Les éditions Bamboo sont très engagées à vos côtés, quelles sont les actions qui sont menées ?
 
- Même avant la création de mon association, BAMBOO me soutenait déjà dans mon action auprès des hôpitaux.  Il a été d’une aide précieuse, en vendant à mon association les BD 55 % moins cher que le prix normal, en prenant en charge les livraisons de BD aux différents partenaires qui distribuent les albums dans les hôpitaux.  Voilà un éditeur qui fait bien son boulot et qui plus est responsable !  Un grand MERCI à lui !
 


Un petit mot sur le dernier album, une thématique particulière, un message à faire passer ?
 
- Le tome 4 était dramatique, le 5 économique, le 6 romantique, le 7 est politique car on y parle d'un migrant, mais aussi d’amitié, de foot…

Un grand merci Serge pour vos réponses et ces précieuses informations. La Bande Du 9 est à vos côtés .

 
Pour lire les premières pages c'est ici - et pour gagner des albums c'est de ce côté 


Eric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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