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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Les Belles Personnes

Les Belles Personnes

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Les Belles Personnes
 
Adaptations, textes et dessins : Chloé CRUCHAUDET
Éditions : Soleil

 
L'artiste a adapté et mis en images les textes qui lui sont parvenus dans le cadre du projet né lors du festival Lyon festival BD qui invitait les Lyonnais·es· à rendre hommage par un texte à une « belle personne » admirée.

 
 
 
L'ouvrage s'ouvre sur un préambule où on saisit Chloé CRUCHAUDET dans sa vie quotidienne qui assume et affirme sa subjectivité en rappelant qu'elle est inhérente à toutes nos perceptions et à tous nos rapports humains. La bande-dessinée est structurée ensuite par les histoires des gens admirables, relatées par les belles âmes qui les côtoient, jusqu'à un intermède qui permet ensuite à l'auteure de rendre hommage à l'une de ses amies dont elle n'avait pas saisi le mal-être qui l'a poussée à se suicider.
Les tranches de vie sont diverses mais animées par le désir de rendre hommage à tou·te·s ces héros et héroïnes anonymes du quotidien : les soignantes qui ont rassuré la mère du grand prématuré et fait vivre Gaspard ; « la sorcière » Denise célébrée par sa voisine pour ses talents de jardinière ; ou Mme Neuville, la professeure de philosophie, qui entretient encore avec ses anciens élèves une relation soit épistolaire soit culinaire à l'occasion des « dînettes » auxquelles elle les invite. Les rencontres fugaces sont aussi l'occasion de grands moments de vie qu'il s'agisse du « fantôme de l'abribus » Mahmed, ou du Prince rencontré dans un café et qui y passe son temps à écrire et à « agir en prince ».
Cet ouvrage nous révèle certes de belles âmes du quotidien, mais nous permet également de retrouver pleinement le sens des exploits ordinaires comme avec les accueillants qui soutiennent comme ils le peuvent ceux qu'on préfère désormais appeler « migrants » plutôt que « réfugiés » comme pour s'assurer que leur présence dans notre pays n'est qu'une escale et pas un aboutissement.
On appréciera l'appareil critique dans lequel Chloé CRUCHAUDET a intégré les quatorze contributions originelles retenues avec en regard le portrait de la belle personne, et qui nous permet de mesurer le travail de traduction du contributeur portraitiste et du sujet d'admiration.
 
 
 
Tous ces portraits sont empreints de l'humanisme que l'auteure nous avait déjà donné à voir dans ses précédents ouvrages comme Mauvais genre ou Groenland Manhattan, mais CRUCHAUDET parvient ici à se glisser dans les propos des témoins qui portent un regard sur un être qu'elle ne connaît pas – à l'exception de Sei -. La subjectivité que CRUCHAUDET revendique dans son préambule pour sélectionner les « belles personnes » retranscrites par leurs connaissances, elle l'applique également dans le traitement qu'elle fait de ces instantanés de vie : elle peut tout aussi bien adapter le récit des témoins que les retranscrire fidèlement à l'instar du texte de Pierre B., coryphée moderne, qui célèbre Émilie. L'artiste confère ce faisant au esse est percipi, « être c'est être perçu », de Georges BERKELEY toute son acuité : susciter chez autrui de tels souvenirs de solidarité, de bonté et même de tendresse ne peut en effet que rendre compte du fait que la singularité de chacun est un témoignage de l'humanisme universel.
Cet humanisme déborde sur le dessin aux couleurs douces et dont quelques-unes tranchent au fil des vignettes pour mettre en lumière les personnages et/ou actes retranscrits. Le découpage fait aussi preuve d'inventivité pour rendre compte des activités comme de la succession temporelle de scènes. Si des vignettes demeurent sans texte, c'est que la poésie du dessin se suffit à elle-seule à l'image des rencontres qui peuvent se passer de longs discours pour cerner la beauté des personnes racontées.
La palette des émotions est par ailleurs exploitée avec sagacité : on sourit devant les turpitudes de Mint le chien qui est éduqué dans une famille avant de devenir chien guide d'aveugle ; on est ému par le témoignage de Morgane qui évoque son frère malade de schizophrénie et souffrant de l'incompréhension des autres ; mais on est saisi par l'espoir devant « L'enfant à particule » qui se ferme au monde sauf aux copains adolescents de ses sœurs.
 

 
Cette œuvre est une sucrerie pour l'âme, elle serait gâchée à être lue d'un trait, et on l'appréciera davantage en venant picorer ces portraits et en les laissant infuser dans nos âmes.

Lydie et Nicolas


Nicolas
Chroniqueur
La Bande Du 9


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