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13 jours 13 nuits dans l'enfer de Kaboul 13 jours 13 nuits dans l'enfer de Kaboul

13 jours 13 nuits dans l'enfer de Kaboul

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Nom de la série : 13 jours 13 nuits dans l'enfer de Kaboul
Scénario : Jean-Claude BARTOLL d'après l'ouvrage de Mohamed BIDA
Dessin : Renato ARLEM
Couleur : Simon CHAMPELOVIER
Maison d'édition : Delcourt

Les éditions DELCOURT proposent l’adaptation en bande dessinée de l’ouvrage autobiographique éponyme de Mohamed BIDA, 13 jours, 13 nuits : dans l’enfer de Kaboul. C’est une véritable réussite avec un témoignage qui donne foi en l’humanité même en « enfer ».
 
Depuis septembre 2016, le commandant BIDA est en poste à Kaboul comme attaché de sécurité intérieure adjoint de l’ambassade de France. Il y est chargé en particulier de lutter contre le trafic de drogue dans un pays qui réalise 98% de la production mondiale d’opium et contre le terrorisme alors que l’Afghanistan accueille Daech, Al-Qaida et les Talibans. Sa mission est donc loin d’être simple d’autant plus qu’il collabore avec des politiques corrompus. La capitale afghane est une ville dangereuse qui connait régulièrement des attentats et des tirs de roquettes, et c’est dans ce contexte qu’à l’automne 2018 s’ouvrent des négociations entre les USA – présents sur le territoire depuis 2001 - et les autorités talibanes alors qu’elles contrôlent déjà la moitié du pays. On apprend également par un jeu d’analepses que Mohamed BIDA est l’enfant d’un immigré militaire algérien qui a obtenu son concours de gardien de la paix pour ensuite gravir les échelons bien qu’étant régulièrement victime de racisme. En 2020, avec le retrait des forces américaines et de l’OTAN, l’Afghanistan sombre et le régime en place demeure impuissant face à la poussée des islamistes fondamentalistes. Le 15 août, soit quinze jours avant la retraite du commandant BIDA, les Talibans entrent dans Kaboul. Débutent alors « 13 jours et 13 nuits » aux confins de l’humanité et de la barbarie pour permettre l’évacuation de centaines de Français et d’Afghans pris au piège de l’obscurantisme.
Cet ouvrage plonge le lectorat au cœur de la gestion d’une crise majeure où la moindre décision engage la vie de centaines de personnes avec des pressions et des enjeux multiples d’ordre sécuritaire, logistique et politique. On prend alors conscience de l’abnégation du commandant BIDA nous conduisant nécessairement à s’interroger sur le don de soi et sur le sens du mot humanité. Le rythme du récit est haletant à la mesure des menaces existentielles liées aux Talibans et même si les cartouches accueillent un récitatif dense, la lecture n’en demeure pas moins fluide. Le scénario est en effet porté par Jean Claude BARTOLL, un ancien grand reporter, dont la plume est particulièrement affutée. Par ailleurs, le trait académique réaliste de Renato ARLEM est propre à la dimension documentaire de l’ouvrage. Il s’est d’ailleurs inspiré de photographies à l’image de la couverture pour être au plus proche des tragiques évènements. Plusieurs de ces photographies se retrouvent d’ailleurs à la fin de la bande dessinée.
En somme, la lecture de 13 jours, 13 nuits : dans l’enfer de Kaboul est édifiante avec un homme qui en toutes circonstances porte la dignité humaine au cœur du chaos.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : Bouli

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