Espace membre Me connecter
lamontagne lamontagne
Le train de la Mort Le train de la Mort

A faire peur - Tome 2

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : A faire peur
Tome : 2
Titre du Tome: Le train de la Mort
Scénario : Lylian
Dessin : Arianna FARRICELLA
Couleur : LORIEN
Scénario : Ingrid CHABBERT
Maison d'édition : Soleil

Attachez vos ceintures… Le train de la Mort est sur le départ. À bord, une seule promesse : un voyage que vous n’oublierez jamais. À Trouillensac, la fête foraine cache une nouvelle fois bien des cauchemars… et personne n’est certain d’en revenir. Deuxième volet toujours aussi haletant, où les frissons guettent autant les enfants que ceux qui pensaient en avoir fini avec leurs peurs.
 
Il ne faut pas croire les guides touristiques. Contrairement aux apparences, la vie ne s’écoule pas si paisiblement à Trouillensac. Pourtant, en cette fin d’hiver, les enfants ont cassé leur tirelire pour profiter de la fête foraine. Outre les incontournables stands de tir à la carabine et les vendeurs de confiseries, c’est le Train de la mort — un manège unique au monde — qui fait la réputation de la ville. Cette année, Julie et Quentin se sont juré de tenter l’attraction. Une fois les billets achetés et les passagers installés dans le wagon, le conducteur — la Mort elle-même — salue chaque visiteur par son prénom. Si cela inquiète Quentin, Julie est troublée par autre chose. Le train démarre alors, et en un instant, les voyageurs se retrouvent propulsés dans un monde étrange et enchanteur. Leur mission est simple : atteindre le sommet d’une colline. Mais la règle est implacable : le dernier sera éliminé… et c’est la Mort qui le dit.
Après un premier volet où le trouillomètre, l'indicateur du niveau de peur, était fixé à un, voici un deuxième épisode qui passe au niveau supérieur. On retrouve le plan de la ville en page de garde, suivi d’une introduction mêlant voix off et bulles noires, dans la continuité du premier tome. Mais cette fois, la voix angoissante prend rapidement corps. Exit la discrète référence aux Contes de la crypte : le narrateur est désormais pleinement incarné. Le conducteur du Train de la mort, vous l’aurez deviné… c’est la Mort. Sous les traits d’un homme élégant à tête de citrouille et au sourire inquiétant, elle accueille chaque passager avec une attention personnalisée, renforçant le malaise. Une fois le train lancé, les épreuves s’enchaînent. Entre Hunger Games et Escape game, elles poussent les participants dans leurs retranchements. Pour ne pas brusquer les plus jeunes lecteurs, Lylian et Ingrid Chabbert prennent le temps d’installer l’ambiance avant d’accélérer nettement le rythme jusqu’à un final pied au plancher. Au passage, on enrichira son vocabulaire des peurs avec l’étonnante anatidaephobie ! Malgré tout, l’album reste bien ancré dans la littérature jeunesse, avec ce que cela implique dans son dénouement. Mais même adulte, difficile de ne pas replonger dans ses propres frissons d’enfant. On suit avec plaisir les péripéties de Julie, Quentin et des autres, dans un récit teinté d’une légère ambiance de conte de fées, porté par une morale aussi juste que mordante. Côté dessin, Arianna Farricella impressionne. Les personnages semblent tout droit sortis d’un dessin animé, et certains décors — notamment ceux de la première épreuve — évoquent des univers familiers comme La Petite Maison dans la prairie ou L’Île aux enfants (question de génération !). Mais c’est surtout la mise en page qui frappe : dynamique, inventive, presque cinétique. Les déplacements du train sont fulgurants, dignes des montagnes russes les plus spectaculaires. Les épreuves montent en intensité, et même les dialogues gagnent en nervosité. Le découpage privilégie les angles, les formes géométriques, rompant avec le cadre classique même si quelques rectangles subsistent. La colorisation, enfin, joue un rôle essentiel : elle crée des atmosphères variées, toujours justes, et accompagne efficacement la narration.
Avec ce deuxième volet, À faire peur porte plus que jamais bien son nom : un album qui fait frissonner les plus jeunes… et rappelle aux autres qu’on n’est jamais tout à fait à l’abri d’un petit vertige d’enfance.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

Nombre de chroniques publiées : 139