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Denys Denys
L'apiculteur L'apiculteur

A faire peur - Tome 3

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Nom de la série : A faire peur
Tome : 3
Titre du Tome: L'apiculteur
Scénario : Lylian
Dessin : Paul DROUIN
Couleur : Cyril VINCENT
Scénario : Ingrid CHABBERT
Maison d'édition : Soleil

Après le camping et la fête foraine, À faire peur met le cap sur une ferme apicole. Un volet efficace, capable d’effrayer les plus jeunes sans jamais virer au cauchemar. Une version survitaminée de Scooby-Doo à la sauce Contes de la cripte, qui divertit autant qu’elle aide les jeunes lecteurs à apprivoiser leurs peurs.
Les fermes de Trouillensac sont réputées pour leur rendement bien supérieur à la moyenne de la région. Nul ne sait véritablement pourquoi, et personne ne semble vraiment se poser la question. C’est l’une de ces fermes que Steven Darbois souhaite acquérir. Promoteur immobilier, il visite cet élevage apicole en compagnie de sa femme et de sa fille, Élise. Le premier contact avec la nature s’avère compliqué tant la jeune fille est surprotégée par ses parents… et terrifiée par tout. Pour ne rien arranger, l’agent immobilier n’est pas au rendez-vous. La famille est donc reçue par le vieux propriétaire qui, vindicatif et furieux, refuse catégoriquement de vendre ses terres et ses ruches. Hors de lui, Steven affirme qu’il achètera malgré tout cette ferme. La famille repart donc en voiture. Quelques kilomètres plus loin, un immense essaim d’abeilles attaque soudainement le véhicule. Si tout le monde s’en sort vivant, les parents sont piqués à de multiples reprises. Rapidement, ils rebroussent chemin vers la ferme, avançant comme des zombies. C’est alors qu’Élise reçoit un mystérieux SMS lui intimant de les suivre… et surtout de ne pas appeler la police. Heureusement, Élise possède une botte secrète : elle peut compter sur le soutien d’une super-héroïne.
Après le camping et la fête foraine, la visite de Trouillensac se poursuit avec la ferme des abeilles. Surtout, le trouillomètre grimpe directement à 4, soit son niveau maximal. Après le train fantôme, cet album s’attaque à une autre peur universelle : celle des insectes, et plus particulièrement des abeilles. Une nouvelle fois, l’album s’ouvre sur un prologue champêtre. Une mystérieuse voix off évoque l’étonnante fertilité des terres de Trouillensac, tandis qu’un étrange paysan, accompagné de ses deux chats déjà aperçus dans les précédents tomes, laboure ses champs au soleil couchant. L’image semble bucolique, presque apaisante. Pourtant, une seule vignette suffit pour ramener le cimetière au milieu du village. Une fois cette mise en bouche passée, l’intrigue démarre véritablement. Une famille souhaite racheter une ferme apicole au bord du dépôt de bilan. À l’arrière de la voiture, Élise apparaît rapidement comme une enfant surprotégée, presque enfermée dans ses peurs. Rien de véritablement horrifique jusque-là… jusqu’au moment où l’agriculteur refuse de vendre et déchaîne ses essaims d’abeilles contre les visiteurs. Débute alors pour Élise une descente dans les profondeurs de la ferme, mais aussi dans celles de ses propres angoisses. Livrée à elle-même, elle va devoir puiser en elle le courage nécessaire pour affronter son adversaire. Certes, on est davantage du côté de Scooby-Doo que de X-Files, mais l’essentiel est ailleurs : dans l’émancipation progressive de l’héroïne. Je m’interroge encore sur le rôle exact de la super-héroïne, mais cela reste un détail. Côté dessin, l’équipe emmenée par Paul Drouin parvient une nouvelle fois à maintenir une vraie cohérence entre les différents one-shots. Chaque album possède sa propre identité tout en s’intégrant parfaitement dans le même univers. Ce troisième opus fait la part belle aux grandes cases et aux scènes d’action spectaculaires. En tant qu’album jeunesse, les monstres offrent un savoureux mélange entre les akumatisés de Miraculous Laby Bug et les créatures d’Alien. Enfin, le travail sur les couleurs est remarquable. Il accompagne parfaitement la descente aux enfers d’Élise avant de laisser apparaître, peu à peu, la lumière au bout du tunnel.
Autoproclamée « série horrifique et monstrueuse », À faire peur propose ici un troisième volet efficace, capable d’effrayer les plus jeunes sans jamais virer au cauchemar. Une version survitaminée de Scooby-Doo à la sauce Contes de la crypte, qui divertit autant qu’elle aide les jeunes lecteurs à apprivoiser leurs peurs.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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