Espace membre Me connecter
bufi bufi
Les fantômes, c'est mon métier Les fantômes, c'est mon métier

Agence Lockwood et associés - Tome 1

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : Agence Lockwood et associés
Tome : 1
Titre du Tome: Les fantômes, c'est mon métier
Scénario : Rachele Ippoliti
Dessin : Rachele Ippoliti
Couleur : Rachele Ippoliti
vero Cazo : co-ecriture des dialogues
Jonathan Stroud : roman
Maison d'édition : Rue de Sèvres


   Publié chez Rue de Sèvres, Agence Lockwood & Associés adapte en bande dessinée la série de romans de Jonathan Stroud, référence majeure de la fantasy jeunesse britannique. Ce premier tome installe un univers où le surnaturel fait partie du quotidien, et où seuls les plus jeunes sont capables d’y faire face. Une entrée en matière sombre, efficace et étonnamment mature, malgré son apparente légèreté.

   Le récit s’ouvre sur une enquête confiée à l’Agence Lockwood & Associés, chargée d’élucider la mort suspecte de M. Hope, officiellement attribuée à une chute accidentelle dans l’escalier de son domicile. Très vite, le doute s’installe : simple accident, geste désespéré ou intervention extérieure, peut-être même celle de son épouse ?
Au fil de leurs investigations, Lucy Carlyle est confrontée à une manifestation spectrale inattendue. Un fantôme qui, dans un premier temps, semble étranger à l’affaire, mais qui va progressivement s’imposer comme une pièce essentielle du puzzle. Il s’agit d’Annabelle Ward, dite Ami, ancienne résidente de la maison des Hope, disparue depuis plus de cinquante ans.
En explorant les murs de la demeure, l’agence découvre le corps de la jeune fille, dissimulé depuis des décennies. Sur elle, un médaillon en apparence ordinaire, devenu le point d’ancrage de l’émission spectrale. À l’intérieur, des inscriptions, une suite d’initiales formant un code capable de compromettre l’identité du véritable responsable du meurtre de ces jeunes filles.
Dès lors, l’enquête dépasse largement le cadre d’un simple fait divers : les morts réclament justice, et chaque indice rapproche dangereusement les vivants de vérités qu’ils auraient préféré laisser enfouies.
   Le scénario se distingue par une construction intelligente, utilisant cette première enquête comme une porte d’entrée idéale dans l’univers. L’intrigue fonctionne à plusieurs niveaux : une affaire criminelle classique, un mystère surnaturel et une réflexion plus large sur le poids du passé et des secrets enfouis.
L’écriture reste fluide et accessible, tout en distillant une tension constante. Les personnages sont rapidement caractérisés, chacun trouvant sa place au sein du trio. Lucy, en particulier, se démarque par son regard sensible et son rapport intime aux fantômes, qui apporte une dimension émotionnelle bienvenue. Derrière l’aventure, le récit interroge aussi la solitude, la responsabilité précoce et la frontière trouble entre les vivants et les morts.

   Visuellement, l’album adopte un trait clair et expressif, parfaitement lisible, mais jamais fade. Les ambiances nocturnes, les intérieurs oppressants et les apparitions spectrales sont traités avec retenue, privilégiant l’atmosphère à l’horreur frontale. Les fantômes sont souvent suggérés plus que montrés, renforçant leur pouvoir inquiétant.
Le découpage est efficace, avec un bon sens du rythme et de la mise en scène. Les silences, les regards et les jeux d’ombre participent pleinement à l’immersion, donnant à certaines scènes une vraie tension dramatique, presque cinématographique.
   Avec les fantômes, c’est mon métier, Agence Lockwood & Associés signe un premier tome solide et engageant. En mêlant enquête, fantastique et récit d’apprentissage, la série pose des bases narratives solides et prometteuses. Une bande dessinée jeunesse intelligente, sombre juste ce qu’il faut, qui réussit à captiver sans jamais sacrifier la profondeur de son univers. Un début de série maîtrisé, qui donne  envie d'en connaitre la suite et de poursuivre l’aventure.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : bibione

Nombre de chroniques publiées : 76