Espace membre Me connecter
jolivet jolivet
Amour, fascisme et CDD Amour, fascisme et CDD

Amour, fascisme et CDD

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : Amour, fascisme et CDD
Scénario : Marc Dubuisson
Dessin : Marc Dubuisson
Couleur : Marc Dubuisson
Maison d'édition : Delcourt Pataquès

Cette bande-dessinée offre au fil des planches un avertissement sur l’entrisme d’extrême-droite dans notre société au travers d’une administration.

Des élections viennent d’avoir lieu, et elles ouvrent la voie à la privatisation de services publics et sa cohorte de pseudo réformes qui sont autant de reculs sociaux et sociétaux. Preuve en est l’arrivée de KOWALSKY qui, tout entiché des théories managériales, décide de la fin de la discrimination positive pour imposer un masculinisme ouvertement fasciste. Dès lors, les agent·e·s ne correspondant pas à ces critères sont placardisé·e·s et stigmatisé·e·s par le seul fait de leur origine ou de leur sexe. Bien plus, pour soi-disant faciliter les tâches des employés restants, un outil est proposé, ClipGPT, qui à la faveur de ses algorithmes d’une start-up nation décomplexée, participe à l’oppression et à l’abêtissement de collègues trop lâches ou trop séduits par les litanies productivistes incompréhensibles à l’instar de la tâche qui est assignée de « disrupter (…) et synergiser des solutions holistiques en garantissant un upscale des bulletpoints dans un cadre de libération économique ».

 

Marc DUBUISSON propose avec Amour, fascisme et CDD la suite d’Amour, Djihad et RTT (2018). On y retrouve KOWALSKI désormais radicalisé non plus à une vision sectaire de la religion, mais aux techniques managériales les plus régressives en termes de respect des droits humains au travers de planches où les scènes apparaissent à la fois caricaturales et terrifiantes. Si le projet est louable, et malheureusement les situations proposées pas si éloignées de la réalité, on ne peut que regretter que le projet ne paraisse pas abouti. Effectivement, DUBUISSON propose des saynètes dont on comprend vite les ficelles tant la mécanique de la répétition est utilisée aussi bien dans les propos que dans le graphisme. Ce dernier est ainsi caractérisé par des aplats de couleurs pour représenter des décors simplistes, et les personnages n’ont rien à envier aux bonhommes bâtons comme si nul n’était besoin de personnaliser et d’identifier le cadre ou les personnages tant ceux-ci sont répétés ad nauseam par les chantres du productivisme numérique à tout va, et sont désormais universels.
Cette œuvre, si elle est méritante, n’en demeure pas moins à apprécier par petites touches.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : Bouli

Nombre de chroniques publiées : 45

Visiter la boutique de Bouli