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Braquage à la hussarde Braquage à la hussarde

Braquage à la hussarde

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Nom de la série : Braquage à la hussarde
Scénario : Vincent BRUGEAS
Dessin : Mr Fab
Couleur : Mr Fab
Maison d'édition : Glénat

Alors que l’Empire vacille, cinq officiers tentent un ultime coup de poker. Mais dans ce manoir isolé, les dissensions ne tardent pas à apparaître, rebattant sans cesse les cartes de cette mission aussi périlleuse qu’ambiguë. Avec Braquage à la hussarde, Vincent Brugeas et Mr Fab livrent un album captivant, porté par une atmosphère crépusculaire, une intrigue solidement construite et un huis clos particulièrement tendu.
 
Fin mars 1814. L’Empire vacille. Depuis la Bérézina, la Grande Armée accumule les défaites et la guerre a gagné le sol français. Quelque part entre la Marne, l’Aube et la Seine, cinq officiers issus d’horizons différents, cinq « frères » francs-maçons, se retrouvent pour une ultime mission. Dans un château isolé, une aristocrate proche des Bourbons détient une compromettante correspondance avec des traîtres et des conspirateurs. Elle y conserve également une importante réserve d’or destinée à faire basculer les derniers indécis. Malgré la présence de soldats tsaristes commandés par un mystérieux « prince » russe, les grognards prennent rapidement l’avantage. Mais les premières tensions apparaissent aussitôt. Piotr, un lancier polonais, veut exécuter tous les prisonniers russes, contre l’avis du colonel Gabriel, qui semble diriger l’expédition. Ce même Gabriel tente parallèlement de manipuler la comtesse afin d’obtenir le code de son coffre-fort. Dans ce huis clos étouffant, ambitions, rancœurs et trahisons ne tardent pas à rebattre les cartes…
Les périodes de défaite ont toujours constitué un terrain idéal pour les intrigues explosives. Impossible, à la lecture de ce Braquage à la hussarde, de ne pas penser aux Les Morfalous et à leur célèbre casse en pleine guerre. Qu’elle soit volontaire ou non, la filiation fonctionne parfaitement. Vincent Brugeas construit son récit comme un mélange de film de casse, de drame historique et de western napoléonien. Comme souvent dans ce type de récit, l’album s’ouvre sur une carte permettant de situer les enjeux de cette campagne de France de 1814, ultime sursaut de l’épopée napoléonienne. Les personnages sont ensuite introduits à travers une galerie de médaillons efficace, même si la multiplicité des protagonistes peut provoquer quelques confusions dans les premières pages. Mais cela n’entrave jamais réellement la lecture. Au contraire, l’auteur joue habilement sur les rivalités internes et les fortes personnalités de cette troupe disparate. La mission est simple : prendre d’assaut un manoir et récupérer l’or ainsi que les documents compromettants d’une comtesse royaliste. Pourtant, une fois enfermés entre ces murs, les conflits éclatent rapidement. Faut-il épargner les prisonniers ? Jusqu’où aller pour obtenir la combinaison du coffre ? Et surtout : cette mission sert-elle encore réellement l’Empire… ou seulement les ambitions personnelles de certains ? Le récit gagne alors progressivement en tension jusqu’à une résolution particulièrement réussie, avant un épilogue aussi ironique que savoureux. Pour accompagner cette intrigue crépusculaire, Mr Fab opte pour un dessin réaliste particulièrement adapté au contexte historique. Le travail documentaire saute immédiatement aux yeux : uniformes, armes, décors aristocratiques et ambiances nocturnes témoignent d’une préparation minutieuse. Si certaines scènes de bataille restent assez classiques dans leur construction, elles demeurent toujours lisibles et dynamiques. Le véritable point fort réside toutefois dans la colorisation. L’action se déroulant essentiellement de nuit, l’artiste joue admirablement avec les sources lumineuses : chandelles, reflets et pénombres renforcent l’atmosphère intimiste et oppressante du huis clos.
Avec Braquage à la hussarde, Vincent Brugeas et Mr Fab signent un récit historico-policier particulièrement efficace. À travers ce huis clos tendu et crépusculaire, les auteurs rendent hommage aux idéaux des grognards de la Grande Armée tout en explorant les fractures d’un Empire à l’agonie. Un album captivant, porté par une ambiance remarquable et une intrigue solidement menée.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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