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Cartagena

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Nom de la série : Cartagena
Scénario : Yves H
Dessin : Hermann
Maison d'édition : Le Lombard

L’enfer quotidien de Cartagena conté dans un polar réaliste et crédible par Hermann et Yves H., pour un ultime album qui fait vibrer le cœur.

Alvaro a 18 ans et travaille pour le cartel mexicain de Cartagena. Pour le moment, il est guetteur dans la rue, mais il aimerait devenir un vrai tueur. Le soir, lorsqu’il reprend le bus, il repense à tout cela et rêve de se faire un nom avant de mourir, car il sait que son espérance de vie est limitée. Sa mère est très inquiète pour lui, notamment lorsqu’il ramène de l’argent sale à la maison. Après s’être changé, il file au Club Indigo, où il fera la connaissance d’Helena, une fille un peu différente des autres. Mais pas le temps de profiter : le lendemain, Alvaro et son ami Nacho doivent passer un test auprès du neveu du chef du cartel, « El Cocho », une épreuve qui ne va pas se dérouler comme prévu.
 

Cette rencontre, qui tourne mal, marque le début d’une histoire à suspense. Sans dévoiler son déroulement, Alvaro et Nacho vont être rejoints dans leur aventure par un policier d’une quarantaine d’années, bien décidé à mettre « El Cocho » sous les verrous. Leur rencontre va encore intensifier l’intrigue.

Pour leur ultime histoire, Hermann et Yves H. embarquent leur lectorat au cœur des cartels mexicains dans un polar particulièrement mouvementé. Le sujet n’est pas simple : le Mexique est devenu une véritable plaque tournante du trafic de drogue, principalement à destination des États-Unis et de l’Europe. Les cartels ont pris le pouvoir sur une partie importante du territoire, et une guerre est déclarée entre eux et les forces de l’ordre, faisant de nombreuses victimes dans les deux camps, mais aussi parmi les civils, contraints de subir les trafics d’armes, la prostitution ou encore l’immigration clandestine. On estime à plus de 130 000 le nombre de personnes disparues au cours des vingt dernières années, avec un niveau de criminalité particulièrement alarmant.
 

Le scénario proposé mêle ainsi violence, dimension sociale et intrigue policière. Tout débute par une immersion au sein du système, avec ses règles, sa hiérarchie et sa brutalité. Puis apparaît Félix Garzon, le policier qui apporte une part d’humanité et de bon sens à cette histoire, et à qui l’on doit un final plus qu’inattendu. Enfin, la dimension sociale constitue le fil rouge de l’album, de la première à la dernière page : une forme de fatalisme face à la réalité et au quotidien des habitants de Cartagena.

Au final, tous ces éléments aboutissent à une histoire crédible et agréable à lire, même si le sujet reste parfois en surface et aurait pu gagner encore en profondeur, notamment autour du tueur professionnel ou des manipulations politiques.

Le dessin réalisé par Hermann, alors qu’il était fortement diminué par la maladie et âgé de 87 ans, est tout simplement époustouflant. Les coups de crayon sentent le soleil et la poussière. Son style s’accorde parfaitement avec le sujet et retranscrit avec justesse la dépendance de la population aux cartels.

Merci, Monsieur Hermann, pour tout ce que vous avez apporté au neuvième art. Merci d’avoir inspiré tant d’auteurs et suscité autant de respect. Merci de nous avoir fait voyager aussi bien dans L’Histoire des Tours de Bois-Maury que dans l’univers de Jeremiah, ou encore dans la poussière de Comanche et Duke. Enfin, merci, à titre personnel, pour ce repas partagé avec vous il y a quelques années qui m’a permis de découvrir une personne charmante et passionnante, bien loin de l’image que certains avaient parfois tendance à véhiculer.
 
 

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : LABANDEDU9

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