Nom de la série : Chroniques de fer et d'écailles
Tome : 1
Titre du Tome: Le vol des gobelins
Scénario : Régis HAUTIERE
Dessin : Xavier FOURQUEMIN
Couleur : Ampara CRESPO
Couleur : Paola BELLAMY
Maison d'édition : Le Lombard
Dans un monde où humains, elfes, nains et gobelins tentent de cohabiter, la paix reste fragile. Lorsque Noeline, jeune humaine passionnée de sciences, et son ami nain disparaissent mystérieusement, Boon, un paysan amoureux d’elle, se lance à leur recherche. Entre rivalités, magie, inventions et bagarres, Régis Hautière et Xavier Fourquemin donnent naissance à un univers heroic fantasy riche et foisonnant. Une enquête rythmée qui pose les bases d’une série pleine de promesses.
Les guerres anahmiques ont pris fin. Elendhar connaît la plus longue période de paix entre humains, elfes, nains et gobelins. Il s’agit plutôt d’une paix relative, tant les oppositions, les luttes et les frictions sont légion. Une paix qui permet à la cosmopolite ville de Rhina-Balambourg de connaître un important essor économique et culturel. À la campagne, chaque communauté vit repliée sur elle-même. C’est donc de la campagne humaine que Noeline souhaite s’extraire. Elle a été acceptée à l’université, au grand dam de ses parents. Dans un couloir, elle prend la défense d’un jeune nain face à des elfes prétentieux et agressifs. Elle est passionnée de sciences ; lui est incollable en mécanique et en aéronautique. Ils vont donc faire équipe pour participer au concours trisannuel d’inventions d’utilité publique. Après plusieurs mois sans nouvelles, Boon Chesnot, un paysan qui en pince pour Noeline, revient en ville. Mais il semble que la jeune étudiante ait disparu, en même temps que son condisciple. Il n’en faut pas plus pour que Boon se mette à enquêter…
L’heroic fantasy est un univers merveilleux : il est réellement inépuisable. J’en veux pour preuve cette nouvelle série imaginée par Régis Hautière, illustrée par Xavier Fourquemin et publiée aux Lombards : Chronique de fer et d’écailles. Conçu comme un one-shot, cet album s’ouvre sur une double présentation : celle de l’univers, dans laquelle vient s’insérer celle des protagonistes. Afin d’éviter la lenteur intrinsèque à ce genre d’exposition, Régis Hautière opte pour une présentation à tiroirs : chaque personnage va ainsi se voir accorder quelques pages, tantôt chronologiques, tantôt non, afin que le lecteur puisse s’approprier l’environnement et les principales communautés. Il faut donc attendre la fin du premier tiers de l’album pour enfin entrevoir l’intrigue. Une jeune humaine férue de sciences et son ami nain passionné de mécanique ont disparu. Dans la mégalopole marquée par les rivalités entre clans, un jeune paysan va mener l’enquête. Mais le scénariste va l’affubler d’auxiliaires pour le moins hauts en couleur. Si chacun ouvre les portes de son groupe, il devient également un frein auprès des autres. Cela donne une enquête très rythmée, avec tout ce qu’il faut de taloches, de bagarres, de révélations et de secrets en tout genre. Une intrigue qui semble souder une fine équipe qui, sans aucun doute, se retrouvera au cœur des prochaines aventures. C’est Xavier Fourquemin qui crée ce décor fantastique. Le dessinateur puise son inspiration dans les univers steampunk, mais aussi dans les classiques du genre. Après tout, il n’existe pas trente-six façons de dessiner ici un nain ou un gobelin. Avec un trait vif et précis, il insuffle beaucoup de charisme à ses personnages. Pourtant, il laisse aussi planer énormément d’inconnues, ouvrant ainsi un immense champ des possibles. Le découpage et la colorisation se mettent alors au diapason. C’est chirurgical tout en restant chaleureux. Même les flashbacks ou les récits emboîtés sont colorisés harmonieusement dans des camaïeux de beige parfaitement identifiables.
Lancement réussi, donc, pour cette série qui invente son propre univers tout en nous proposant une enquête à haute intensité. Vivement la suite !