Nom de la série : Cinq Avril
Tome : 4
Titre du Tome: Le berceau des nations
Scénario : Fred DUVAL
Dessin : Noé MONIN
Couleur : Antoine LAPASSET
Scénario : Michel BUSSI
Maison d'édition : DUPUIS
Depuis ses 18 ans, Cinq Avril, protégé de Léonard de Vinci, n’a jamais connu de répit. Traqué par l’immonde cardinal Sordi, manipulé par puissants et Humanistes, il n’est qu’un pion… jusqu’à aujourd’hui. Car cette fois, il veut savoir qui il est. Un final haut en couleur pour un héros profondément attachant.
Pour sauver Ariane des griffes de l’immonde cardinal Sordi de l’Inquisition, Cinq Avril, déguisé en statue, se glisse dans la bibliothèque papale afin d’y dérober un manuscrit de Copernic. Méfiant, le protégé de De Vinci use d’un stratagème pour procéder à l’échange… qui, évidemment, tourne mal. Le duo ne doit la vie qu’à l’intervention de la garde du cardinal Ippolito de Médicis. Ce dernier affirme que Cinq Avril est son frère et que leur mère fut à la fois l’amie et le modèle de De Vinci. Bien qu’habitué à être manipulé par de prétendus membres de sa famille, Avril accepte malgré tout de suivre cette nouvelle piste, qui le mène jusqu’à Laternia… Pendant ce temps, Michelle de Saubonne et le Carré Parfait des Humanistes poursuivent leur quête de l’héritage du maître italien — un héritage censé apporter la paix universelle, mais dont la clé semble être, une fois encore, Cinq Avril lui-même.
Depuis ses 18 ans, le protégé de Léonard de Vinci n’a connu aucun répit. Dans ce quatrième opus, on le retrouve toujours confronté au terrible cardinal Sordi. Grâce à une nouvelle ruse digne du génie florentin, il parvient à s’emparer d’un manuscrit explosif et à libérer Ariane. Mais l’apparition d’un nouvel acteur, le cardinal de Médicis, que François Ier aimerait compter parmi ses alliés, vient relancer l’intrigue. Et, une fois encore, le même ressort narratif : une nouvelle « mère » surgit du passé. Le lecteur, comme Avril, commence à se méfier. Et pourtant, il se laisse entraîner. Cette piste, elle aussi, s’avère être une impasse : si la femme évoquée a bien contribué à sauver l’enfant, elle n’est pas sa mère. Mais l’intérêt de l’album ne réside pas uniquement dans ces faux-semblants. Son format, près de 90 pages, laisse présager des révélations d’ampleur. Et celles-ci finissent par arriver. Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent, jusqu’à ce que Sordi lui-même en livre la clé. Quant aux révélations attribuées à De Vinci, elles peuvent sembler anodines aujourd’hui, mais il faudra des siècles pour qu’elles soient pleinement acceptées. La conclusion, bien menée, apporte une touche d’optimisme bienvenue et referme l’intrigue avec élégance. Côté dessin, on retrouve avec plaisir le trait de Noé Monin. Le dessinateur fait évoluer ses personnages avec justesse : Cinq Avril a grandi, s’est affirmé, en grande partie grâce à Ariane, même si cela reste suggéré. Leur duo fonctionne à merveille, expressif et complémentaire, en contraste marqué avec la rigidité presque caricaturale de Sordi. Malgré une galerie de personnages secondaires fournie, la lecture reste fluide, sans confusion. Les ambiances, tantôt légères, tantôt tendues, parfois même pédagogiques, sont parfaitement dosées. On pourra regretter la place réduite accordée aux pages explicatives où le jeune Cinq Avril détaillait les inventions de De Vinci, mais cette frustration est compensée par une mise en page dynamique et inventive, qui rend la lecture particulièrement agréable.
C’est avec une certaine émotion que l’on referme cet album. Car au-delà de l’aventure, c’est un héros que l’on quitte. Un héros sans peur ni reproche, qui, au fil de ces quatre tomes, nous aura fait découvrir l’œuvre de De Vinci, la richesse culturelle et les enjeux géopolitiques de la Renaissance — tout en nous offrant des aventures passionnantes.
Ciao, Cinq Avril… et bonne route.