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De bonne foi

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Nom de la série : De bonne foi
Scénario : Marguerite Boutrolle
Dessin : Marguerite Boutrolle
Couleur : Marguerite Boutrolle
Maison d'édition : DARGAUD

À partir d’un fait divers banal lié à un braquage qui a mal tourné, Judith, jeune étudiante en droit, va se retrouver dans une situation compliquée qui va l’amener à se positionner sur le destin d’un criminel : l’échafaud ou la liberté.

Octobre 1979, à Trégrescant, dans le Finistère. Une jeune fille du nom de Judith s’affaire dans son garage quand plusieurs voitures de police pénètrent dans la cour. Un homme en sort et lui présente une carte de la BRI, lui demandant si elle a vu ou entendu parler d’un certain Raymond Treillas, recherché pour un braquage et un meurtre commis quelques kilomètres plus loin. Judith nie avoir eu des contacts. Les policiers sont dubitatifs, car la maison de Judith est la seule à des kilomètres à la ronde.
 

Tout a débuté six jours plus tôt, lorsque Judith a pris le bus pour rejoindre la maison familiale afin d’étudier tranquillement pour ses partiels de droit. Arrivée sur place, elle apprend par le journal, les médias et les ragots du coin qu’un braquage, réalisé par Querrec, Vanier et Treillas — trois anarchistes breton — a mal tourné et a fait deux victimes. Les braqueurs sont en fuite et dangereux. Judith n’est pas très rassurée, d’autant que la maison est vieille et que le moindre bruit met son cerveau en alerte. Elle prend sur elle, s’occupe entre loisirs et révisions, et tout semble rentrer dans l’ordre… jusqu’à ce que Raymond Treillas pénètre dans la maison.

Ce thriller policier, présenté sous forme de roman graphique à la fois par son style et par ses 240 pages, proposé par Marguerite Boutrolle, se découpe en deux grands chapitres. Une première partie où Judith et l’autrice proposent aux lecteurs de faire un bond dans le temps, en 1979, et de faire remonter les souvenirs d’enfance : les vacances familiales, le téléphone que l’on entortille autour de ses doigts, les chansons, ces maisons en bord de mer, le manque de technologie compensé par d’autres choses, des moyens de communication limités aux flashs d’information à la télévision ou à la radio, et enfin un contexte économique et politique marqué, notamment, par la peine de mort encore en vigueur, que Badinter tente d’abolir.
 

Puis vient une seconde partie, où le criminel Treillas entre dans la vie de Judith. Le suspense s’installe : on pense d’abord que Judith va développer un syndrome de Stockholm. Mais c’est bien plus complexe que cela. Impossible d’en dire davantage sans gâcher le récit. On peut simplement révéler que Treillas n’est pas là par hasard et que de vieux souvenirs vont ressurgir, avec leur lot de culpabilité, où chaque acte passé à ses conséquences et ses répercussions dans le futur.

Visiblement une fiction, mais qui aurait très bien pu être inspirée de faits réels. Le scénario est bien construit et surprenant. L’histoire aurait peut-être pu être resserrée en moins de pages afin d’éviter certaines longueurs dans la première partie. Des lenteurs toutefois compensées par des dialogues brefs, des planches de cinq cases et un dessin réduit à l’essentiel, très axé sur les visages et les expressions, le tout dans une palette dominée par le trio rouge-orange-jaune.
 

Un album agréable à lire, avec une deuxième partie surprenante, qui amène facilement le lecteur à se poser la question : qu’aurais-je fait à sa place ?

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : LABANDEDU9

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