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Derrière le champ Derrière le champ

Derrière le champ

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Nom de la série : Derrière le champ
Scénario : Maxence Kerloc h
Dessin : Maxence Kerloc h
Couleur : Maxence Kerloc h
Maison d'édition : Casterman

Avec Derrière le champ, Maxence Kerloc’h signe un premier roman graphique qui explore avec finesse cette période fragile qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence. Martin, treize ans, quitte la ville pour s’installer à la campagne avec son père, dans la maison de sa grand-mère. Un bouleversement difficile pour ce garçon réservé, qui doit faire face à une nouvelle école, à un nouvel environnement et surtout à une profonde solitude.
 
Dans ce petit village où le quotidien semble figé et monotone, Martin peine à trouver sa place. Entre le regard des autres collégiens et l’ennui qui s’installe, son adaptation est compliquée. Sa rencontre avec Capucine, une voisine rêveuse et marginale, vient pourtant changer la donne. Ensemble, ils construisent une amitié sincère, faite de confidences, d’imaginaire et d’envies d’évasion. Derrière les champs qui entourent leur univers étriqué semble se cacher une promesse d’aventure ou tout simplement un moyen d’échapper à leur réalité...
Martin est sans doute la grande force de l’album. C’est un personnage attachant car il apparaît humain dans ses hésitations et ses maladresses. Son arrivée et son besoin d’intégration, ses angoisses face au regard des autres ou encore ses difficultés à communiquer avec son père sont autant d’éléments qui le rendent émouvant. Sa relation avec Capucine fonctionne car ces deux solitudes semblent se comprendre.

Maxence Kerloc’h parvient donc à retranscrire les doutes, les peurs et les espoirs propres à l’adolescence. Le récit prend son temps pour installer une atmosphère particulière, à la fois douce et pesante. De plus, le scénario aborde plusieurs thèmes avec subtilité : l’isolement, la différence, le poids du regard social, les relations familiales ou encore le besoin d’appartenance. Loin de tomber dans le drame excessif, l’auteur préfère la nuance ce qui donne de l’authenticité au récit. Cette chronique de la vie rurale sonne juste et apporte une vraie profondeur au récit.
Graphiquement, Derrière le champ possède une identité forte. Le trait de l’auteur peut surprendre au premier regard avec ses personnages aux visages ronds et expressifs, oscillant entre naïveté et réalisme. Mais on s’habitue très vite et ce style s’avère aussi efficace qu’agréable. Le dessin accompagne également parfaitement les émotions des personnages, notamment à travers les regards et les postures. Il y a une vraie douceur dans cette mise en scène, mais aussi quelque chose de plus trouble, presque étrange par moments, qui nourrit l’atmosphère singulière du récit.

Avec Derrière le champ, Maxence Kerloc’h livre un premier album maîtrisé et prometteur, une chronique adolescente sensible qui capte avec justesse les tourments de cet âge charnière.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : fanch

Nombre de chroniques publiées : 98