Espace membre Me connecter
Lejeune Lejeune

Déter

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : Déter
Scénario : Amaury Bündgen
Dessin : Amaury Bündgen
Couleur : Amaury Bündgen
Maison d'édition : Casterman


   Avec Déter, Amaury Bündgen propose chez Casterman une œuvre de dark fantasy brute et sans concession, qui va droit à l’essentiel : survivre, avancer… Et réclamer son dû.

   Ici, on suit Déter, un Logaï, revenant d’une mission suicide pour laquelle il devait être payé quatorze pièces d’or. Unique survivant de cette opération suicide visant à faire s’effondrer des galeries pour stopper l’avancée ennemie. Il retourne sur les lieux même où tout a commencé afin de réclamer son dû : la tour dans laquelle lui a été confiée cette quête et qui a coûté la vie à toute son équipe. Une tour, contrôlée par un dénommé Wizog, arrachée aux humains. Mais sur place, tout bascule, car la position de Déter a changé : là où il était autrefois envoyé en mission, il se retrouve désormais en territoire hostile, indésirable, presque comme un intrus que l’on cherche à éliminer. Mais Déter avance, sans détour, sans compromis. 
Parviendra-t-il à atteindre le sommet en vie et à réclamer son dû ?

 
   Avec Déter, Amaury Bündgen nous propose un récit simple, mais redoutablement efficace dans lequel La structure est limpide : une progression verticale, découpée en neuf actes, chacun marquant une étape dans cette montée vers le sommet. Pourtant, derrière cette simplicité apparente, le récit fonctionne à merveille.
Pourquoi ? Parce que tout repose sur la détermination du personnage.
Déter est une force en mouvement. Il ne négocie pas. Il ne s’attarde pas. Ni les menaces, ni la flatterie, ni l’argent, ni même la violence ne semblent réellement l’atteindre. Il avance avec une logique presque mécanique, guidé par un seul objectif : récupérer son dû.
Cette approche donne au récit une dimension presque mythologique. On n’est pas tant dans une histoire classique que dans une épreuve, une traversée où chaque étage teste la volonté du personnage.
   Visuellement, l’album est une véritable réussite, une claque graphique en noir et blanc. Le travail en noir et blanc, entièrement basé sur le cross-hatching, donne une texture dense et organique à chaque planche.
Les ombres sont omniprésentes, les décors étouffants, les créatures inquiétantes. Tout participe à créer une ambiance lourde, presque suffocante. Le dessin ne cherche pas à séduire, mais à immerger. Et il y parvient pleinement. Chaque case semble gravée, chaque affrontement a du poids, chaque progression se ressent physiquement.
   Déter ne cherche pas à complexifier inutilement son propos. C’est une BD directe, frontale, qui mise sur l’efficacité de son concept et la puissance de son ambiance. Une montée, un objectif, une volonté inébranlable et au bout, peut-être, une réponse.
Une très belle réussite de dark fantasy brute et immersive, portée par un personnage fascinant et un univers graphique marquant.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : bibione

Nombre de chroniques publiées : 94