Titre du Tome: Don Quichotte de la Manche

quitte sa maison pour devenir chevalier errant : Don Quichotte de la Manche. Il a pour unique objectif de parcourir l’Espagne pour combattre le mal, redresser des torts et protéger les opprimés. Sur la route, il fait d'un modeste paysan soumis à son épouse, Sancho Panza, son écuyer. Peu de temps après, il déclare sa flamme à une jeune paysanne qu’il prend pour Dulcinée du Toboso et en fait la dame de ses pensées à qui il jure amour et fidélité. Mais la vie d'un chevalier errant est également jonchée de rencontres malheureuses, surtout lorsque son jugement est altéré. C’est ainsi que Don Quichotte voit de magnifiques châteaux là où il n’y a que des modestes auberges et de dangereux géants là où ne se trouvent que des moulins à vent. Mais la vérité est parfois la pire des réalités…
frangins. Comme ils l’expliquent dans leur double de préface, adapter ces monuments de la littérature mondiale, c'est faire œuvre de vulgarisation, au sens le plus noble du terme. Mais cela pose de nombreux problèmes parmi lesquels la taille du récit n'est pas la plus mince. Face à la densité du récit source, les scénaristes doivent faire des choix et cela n'est pas sans risque : certains lecteurs étant de véritables puristes. Dans le même temps, impossible d’imaginer un Don Quichotte sans sa plus célèbre bataille ; celle des moulins à vent ! Tout le talent des adaptateurs est donc de choisir les passages les plus marquants, de biffer ceux plus anecdotiques afin de conserver une intrigue et un rythme le plus proche possible de l’original, tout en le formatant aux contraintes du médium bande dessinée. Aidés par la structure du texte de départ (une succession d’aventures tragi-comiques), Paul et Gaëtan Brizzi relèvent encore une fois le paris. Le récit est dynamique, il expose bien la situation du héros bercé jusqu'à plus soif par les héros des romans de chevalerie avec leur courage et leur amour courtois. C’est aussi l'atmosphère si particulière du roman qui est conservé. Bien sûr, on ne peut que rire à ces aventures rocambolesques du vieil Hidalgo mais on va aussi bien plus loin. Introduit par un récit-cadre, on saisit rapidement la dimension tragique et pathétique du personnage et on finit presque par le plaindre de se mettre dans ces situations impossibles. Quelque part, le récit est d’une incroyable modernité avec cette fausse modestie et la volonté de reconnaissance continuelle. Cette dimension est d'autant plus vraie que, en tant que dessinateur, les frères Brizzi ont donné une véritable gueule à Don Quichotte ! Et qui n’hésite pas à l'ouvrir ! Ce traitement caricatural, que l'on retrouve chez tous les
personnages, est nettement plus marqué par une vivacité et une énergie propre à Don Quichotte. Cela rend parfaitement le fond du personnage et participe à sa relation avec le lecteur. C’est aussi ainsi qu'on le suit dans ses délires avec l'apparition de la couleur et ce qu'il voit est si sublime qu'on aimerait parfois être à sa place. Heureusement, la réalité n'est pas mal non plus. Avec beaucoup de finesse et d'élégance, les décors sont somptueux. Liés à l'imaginaire, ils sont aussi moins réalistes et gagnent en originalité afin de conserver l'aspect pittoresque du récit.Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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