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TAMBURO TAMBURO

Gardiens de Fer - Tome 1

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Nom de la série : Gardiens de Fer
Tome : 1
Scénario : Christophe Alliel
Dessin : Christophe Alliel
Couleur : Albertine Ralenti
Maison d'édition : Glénat

Dans un univers postapocalyptique lié à une invasion d'extra-terrestres robotisés, Soni et son chien Dumpling vivent de récup sur une décharge. Mais un jour, ils tombent sur un mecha à la technologie inconnue. Lancement réussit pour ce premier album de Gardiens de Fer qui expose brillement la situation et fait monter largement l'eau à la bouche.
Il y a 30 ans, une horde d’extraterrestres mécaniques a envahi la Terre. Malgré la résistance acharnée des forces armées terrestres et de leurs mechas, les Phantoms ont réduit l’humanité en esclavage, la forçant à extraire le mantra nécessaire à l’alimentation de leurs vaisseaux restés en orbite. Trois décennies plus tard, une forme de normalité s’est peu à peu installée, chacun survivant grâce à de petits boulots. Mais c’est surtout la loi du plus fort qui s’est imposée. Dans une décharge, en périphérie de la ville, vivent Soni et son fidèle chien, Dumpling. Ensemble, ils arpentent les montagnes de ferraille à la recherche de matériel encore fonctionnel, qu’ils revendent ensuite à André le Ferrailleur. Un jour, pour échapper à un groupe de raiders — des pilleurs sans foi ni loi — Soni s’enfonce dans un gouffre jusqu’alors inexploré. C’est là qu’il découvre la carcasse d’un mecha abandonné, doté d’une technologie inconnue. À l’intérieur : un core générateur en parfait état. De quoi se faire un joli pécule. Toujours en quête de profits, Soni décide de l’installer sur le mecha qu’il rafistole et bricole lui-même. Mais lorsque Dumpling est grièvement blessé, le jeune garçon n’a d’autre choix que de participer à un combat de mecha clandestin pour financer son traitement. Son robot improvisé se révèle alors être une machine redoutable… assez puissante pour ranimer l’espoir dans le cœur des hommes.
Il y a une vraie montée d’émotion dès l’ouverture de l’album — et je ne parle pas seulement du poster de mecha offert ! Non, je fais surtout référence à la dédicace de Christophe Alliel : « Pour mes fils ». Je vous rassure, je ne suis pas tombé dans le sentimentalisme, mais cette phrase éclaire les influences et les inspirations qui nourrissent l’œuvre de l’artiste. Depuis Spynest, les lecteurs l’ont vu explorer de multiples horizons, sans autre fil conducteur que la force de son imagination. Une fois encore, Alliel nous plonge dans un univers manga immédiatement reconnaissable, rappelant les Gundam et autres Golgoths menaçant la Terre. Les lecteurs les plus littéraires y verront peut-être plutôt un clin d’œil à La Guerre des mondes. Progressivement, cependant, le récit se resserre autour d’une figure plus intime : celle d’un Rémi sans famille transposé dans un monde post-apocalyptique. Cet emboîtement d’échelles est particulièrement habile : le cadre global finit par s’effacer au profit des aventures de Soni et de Dumpling — et c’est précisément ce qui fait leur force. Bien sûr, d’autres protagonistes viennent enrichir ces péripéties : certains s’identifient rapidement, d’autres conservent une part d’ombre, et les révélations restent toujours possibles. La structure narrative demeure classique dans sa fonction d’ouverture, mais la présentation est rythmée par des rebondissements suffisamment nombreux et bien orchestrés pour rendre la lecture captivante et fluide. Côté dessin, le style distinctif de Christophe Alliel s’affirme pleinement : l’influence japonaise est omniprésente, tout en s’intégrant à une mise en scène et un découpage hérités de la tradition franco-belge. Le mariage fonctionne à merveille. Les cases s’enchaînent sans accrocs, les pages se tournent sans qu’on y pense, et les ellipses surviennent au moment juste pour dynamiser le récit. Les personnages, expressifs et lisibles, incarnent parfaitement leur caractère — un choix cohérent pour une œuvre destinée à la jeunesse. Cette intention se retrouve également dans la colorisation, aux teintes vives, qui atténue toute dimension anxiogène et renforce l’énergie du récit. Enfin, comme un écho au poster d’ouverture, le dossier bonus — pensé comme ceux des anciens DVD d’un autre âge — se révèle aussi instructif qu’appréciable. Il offre un aperçu détaillé de la création de l’album et distille des informations qui, sans aucun doute, prendront tout leur sens dans les prochains tomes.
Lancement réussi pour ce nouveau Gardien de fer, mélange d’innombrables influences réunies dans un ouvrage singulier, capable de séduire autant les jeunes lecteurs que les plus grands.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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