Espace membre Me connecter
jolivet jolivet
Le Roi des tombes Le Roi des tombes

Gueule de cuir - Tome 3

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : Gueule de cuir
Tome : 3
Titre du Tome: Le Roi des tombes
Scénario : Pierre PEVAL
Dessin : Stéphane CRETY
Couleur : Jérôme MAFFRE
Maison d'édition : Drakoo

Paris a peur !  Le Roi des Tombes étend inexorablement son emprise, noyant la ville sous un brouillard rouge sang, étouffant et terrifiant. L’heure de l’épilogue a sonné : face aux ténèbres, un seul rempart demeure… Gueule de Cuir. Une conclusion explosive pour une trilogie hors normes.
 
Dans le Paris de 1634, la situation s’aggrave. Un épais brouillard rouge sang s’abat chaque soir sur les ruelles les plus pauvres de la capitale de Louis XIII. Pour le cardinal de Richelieu, il ne peut s’agir que de l’œuvre du Roi des Tombes, signe majeur de la première triade du Zodiaque du Diable. Une conviction pleinement partagée par Gueule de Cuir, l’épéiste de la troisième triade. Mais la panique ne semble pas régner uniquement dans les bas-fonds parisiens. La Veuve, elle aussi membre de la troisième triade, est de retour  et, elle aussi est visiblement apeurée. Même cachée derrière un paravent, elle ne parvient pas à dissimuler son trouble face à Gueule de Cuir. Afin de ramener un semblant de calme dans la cité populeuse, le roi et son principal ministre décident d’organiser une procession des reliques de sainte Geneviève, protectrice de Paris. C’est alors que l’épéiste apprend l’arrivée dans la capitale de deux autres incarnations zodiacales. Pour tous, l’heure du jugement ultime semble avoir sonné. Gueule de Cuir pourra-t-il arrêter le Roi des Tombes et sauver le Zodiaque du Diable, ou Paris s’enfoncera-t-il inexorablement dans les ténèbres ?
Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans une nouvelle péripétie. Une brume épaisse et inquiétante, couleur de sang, se répand depuis les bas-fonds de Paris jusque dans ses ruelles les plus reculées. Pour le justicier masqué comme pour son commanditaire, le cardinal de Richelieu, le doute n’est pas permis : il s’agit de l’œuvre du Roi des Tombes. Cet ultime album prend ainsi, une fois encore, la forme d’une enquête menée dans les rues crasseuses du Paris de Louis XIII. En romancier averti, Pierre Pevel avance avec prudence. Certains personnages que l’on croyait oubliés font leur retour, tandis que de nouveaux protagonistes sont introduits afin de compléter la mécanique du Zodiaque du Diable. Peu à peu, le Roi des Tombes accroît sa puissance, et le voile se déchire sur les relations qu’il entretient avec les autres membres des triades. Après tout, dans une trilogie, il faut savoir oublier tout ce que l’on pensait connaître. L’ensemble se déploie avec une grande fluidité, sur fond de conspiration monumentale. Le seul homme — mais en est-il réellement un ? — capable de sauver le roi, le royaume et Paris doit avancer à l’aveugle face à un ennemi omniscient et omnipotent. Heureusement, il pourra compter sur des soutiens indéfectibles. Mais cela sera-t-il suffisant ? Sans divulgâcher l’épilogue, on peut affirmer que Paris ne sera plus jamais la même. Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la justesse du dessin de Stéphane Créty. Au-delà de la précision du trait, ce sont surtout l’audace des cadrages et le dynamisme de la mise en page qui impressionnent. Gueule de Cuir n’entre pas par une fenêtre : il l’explose, projetant mille éclats virevoltants autour de la rosace. Lorsqu’une bombe est lancée, elle traverse plusieurs cases avant d’exploser, évoquant une forme de bullet time adaptée au neuvième art. Mais le prolifique dessinateur excelle également dans la représentation des personnages. Mêlant influences comics et style réaliste, chacun est immédiatement reconnaissable, même ceux que l’on n’avait pas revus depuis l’album d’ouverture. Comme le faisait déjà remarquer la Veuve, il ne faut se fier à personne : l’habit est loin de faire le moine ! Dans ce Paris ténébreux, Jérôme Maffre soigne sa colorisation. Tantôt bleu nuit, verdâtre ou ocre, elle instaure des atmosphères angoissantes et ajoute une dimension fantastique aussi déstabilisante qu’horrifique. C’est audacieux, original et résolument décalé ;  bref, on adore.
Avec ce troisième album se clôturent les aventures de Gueule de Cuir. Une conclusion volontairement ouverte pour une aventure spectaculaire, signée par un scénariste que l’on n’attendait pas forcément dans ce registre.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

Nombre de chroniques publiées : 130