Nom de la série : J'ai toujours rêvé d'être un fermier
Scénario : Jean Harambat
Dessin : Jean Harambat
Couleur : Jean Harambat avec Isabelle Merlet
Maison d'édition : Dargaud Charivari
Jean HARAMBAT nous propose un récit autobiographique traitant de ses liens entretenus avec la nature à l’occasion de la rénovation d’une vieille ferme.
Lors d’une mission pour Action Contre la Faim au LIBÉRIA, l’auteur attrape un virus tropical qui l’affaiblit terriblement le contraignant à un rapatriement sanitaire. En FRANCE, on le retrouve avec son père dans sa chambre d’hôpital où il reprend conscience. Par la suite, Jean HARAMBAT achète une ferme gasconne multiséculaire sur les terres de son enfance près de la ferme familiale. Et même si la maison se nomme La Bouyrie, la maison du laboureur en gascon, l’objectif du Landais n’est pas de devenir agriculteur, mais de rénover la demeure et de s’occuper de son terrain pour se rétablir, se recentrer et rechercher un lien, une osmose avec la nature.
L’ouvrage est découpé en divers chapitres thématiques portant sur des travaux manuels où l’auteur aime apprécier le geste « impeccable » comme le dit son père, ou évoquant des animaux comme le renard, la fauvette, ou bien traitant des arbres avec le chêne, les saules ou les palmiers. On se laisse alors prendre par le rythme de l’ouvrage qui donne à comprendre, interpréter mais aussi observer et contempler. Jean HARAMBAT nous fait part de ses réflexions prenant parfois la forme de maximes - « nous comprenons le monde en le manipulant » - et l’auteur d’Ulysse, les chants du retour fait à plusieurs reprises des références à la mythologie grecque pour illustrer et approfondir son propos. Ses travaux manuels lui permettent aussi de partager des moments complices avec son père ou avec son ami norvégien, un colosse nommé le « golem ». On y retrouve aussi de la sensualité et de l’humour comme lorsque sa compagne fume en cachette une cigarette tout en admirant des roses, mais elle est interrompue dans cet instant volé par l’appel de leur enfant. Ce roman graphique se veut donc à la fois intime, introspectif, poétique et bucolique. Par ailleurs, le dessin sobre et touchant du Gascon porte à merveille ces diverses tranches de vie.
En somme, il est très agréable de suivre Jean HARAMBAT dans la campagne du pays d’Armagnac.