Titre du Tome: L'écuyer et son chevalier 1

Apprenant qu’un dragon serait à l’origine des destructions, l’auto-proclamé tueur de géants jure hardiment de le vaincre et de ramener sa tête en triomphe. Aussitôt dit, aussitôt fait, le chevalier part ventre à terre au combat, laissant au village son jeune écuyer. Celui-ci doit combler l’attente et, bien que maigrichon, il décide de mener son enquête. Habile, il interroge les villageois, il rassemble les indices et il devient un habitué de la salle des archives municipales. Avec une logique hypothético-déductive, il élabore des théories, se trompe et recommence. Petit à petit, il entrevoit la vérité sur le dragon et la prétendue malédiction…
des villageois, le bourg serait victime d’un soi-disant dangereux dragon. Bouffi d’orgueil, et bête comme ses pieds, le chevalier fonce tête la première à l’assaut de la tanière de la bête. Après moult hésitations, et une longue réflexion, le véritable héros va à son tour se lancer au secours des villageois. Il questionne, enquête, consulte les ouvrages et finit par identifier la vérité. C’est donc tout doucement, avec beaucoup de subtilité, que Scott Chantler nous emmène dans son univers. Loin de l’imaginaire manichéen et plus proche des textes médiévaux, il nous fait réfléchir sur la domination de la plume, et de la cervelle, sur l’épée, et les muscles ainsi que sur la complexité du monde et des événements. Loin de l’analyse simpliste et des vérités alternatives, l’artiste canadien nous oblige à la nuance. Et c’est tout bonnement génial ! À travers un récit qui devrait essentiellement être destiné aux enfants, il embarque toutes les générations dans ce monde pas si magique et éloignée de nous que cela. Quel que soit son âge, le plaisir est garanti ! Il faut dire que si le scénario est extrêmement bien construit, le multi nominé au prestigieux Eisner Award nous embarque également dans son univers
graphique. Le trait est extrêmement tendu, les personnages sont très nerveux et les décors plutôt réalistes. C’est cependant la colorisation qui marque le plus. L’ambiance est extrêmement sombre : le noir domine, même s’il ne fait pas nuit. On comprend que les ténèbres se sont répandues sur le village ! Heureusement, l’espoir persiste grâce à des touches de blanc et d’orange. Ces couleurs automnales sont quelque peu déstabilisantes car on assiste à l’éclosion d’un héros. En effet, bien qu’il se lise comme un one-shot, cet album est bien le premier d’un diptyque et nul doute que l’écuyer va déployer ses ailes. À noter enfin l’excellent travail de découpage qui rend à merveille le rythme des dialogues, des bagarres et des réflexions.Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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