Nom de la série : L' escadron de la Reine
Titre du Tome: L'escadron de la Reine
Scénario : Saule
Dessin : Munoz
Couleur : Santiago Arcas Olmedo
Maison d'édition : Robinson
Durant la seconde moitié du XVIème siècle, Catherine de MÉDICIS alors reine du royaume de France use de son « escadron » pour protéger les intérêts du royaume.
À Paris, en 1575, une jeune femme quitte son domicile de nuit et prend un carrosse pour se rendre dans un quartier peu fréquentable. Issue d’une famille désargentée et promise à un baron, elle refuse ce mariage d’intérêt, et elle part retrouver François, celui qu’elle aime et avec qui elle doit s’enfuir. Cependant, le jeune homme est incapable de la défendre alors que des gredins s’apprêtent à la violer. C’est à ce moment qu’une dame très élégante sort deux poignards de derrière ses cuisses, et tue sans vergogne les vauriens. Elle propose ensuite à la malheureuse de lui offrir une nouvelle vie en lui proposant de devenir femme de chambre de la reine. Au même moment, un complot contre la reine se fomente autour de son fils François, le duc d’Alençon.
Ce que l’on nomme ici « escadron » est historiquement la Maison de Catherine de MÉDICIS avec ses nombreuses demoiselles d’honneur. Cette cour participait de la domestication de la noblesse, et les demoiselles pouvaient jouer le rôle de diplomates informelles sans pour autant abuser de leurs charmes pour recevoir confidences et secrets. On est donc bien loin de l’image d’espionnes séductrices et anachroniques présentées dans cette bande-dessinée. Et c’est le mythe porté par le roman La Reine Margot d’Alexandre DUMAS qui est repris par le scénariste RAULE en suivant la « légende noire » qui a toujours desservi Catherine de MÉDICIS. Par ailleurs, l’histoire est plaisante sans pour autant autoriser une pleine implication du lecteur dans le récit avec par exemple la présence d' un étrange automate volant reprenant une libellule, ou le peu crédible duel final se déroulant en haut de la tour Saint Jacques à Paris. Le dessin porte honorablement ce récit même s’il aurait été appréciable de retrouver davantage de détails dans les scènes intérieures comme extérieures. Cependant, il n’est pas valorisé par la couleur qui manque de nuances avec de simples aplats.
Néanmoins l’intérêt de l’ouvrage peut résider dans sa dimension féministe en mettant en avant des personnages féminins par ailleurs trop souvent oubliées dans l’Histoire. Et c’est peut-être là son objectif premier que de porter de nouvelles héroïnes historiques.