Titre du Tome: La Belle Espérance

alors que Simon, son frère et créateur semble prendre tout ça de haut. De tout cela, Louison aussi s'en fiche. A l'auberge de l'océan de sa mère, elle est trop occupée à servir les clients et à attendre son Roger. Ce fils du pays est parti faire des études et c'est sa mère, verrotière, qui se saigne pour les lui payer. Elle a vendu un lopin de terre et dort sur ses économies. Le seul à être au courant : Fernand, son frère et le beau-père de Louison. Malheureusement, lorsqu'elle meurt, Roger n'en sait rien et il se retrouve à la merci de cet oncle colérique. Un jour, Roger prend la défense de Louison et frappe le notaire. Chassé, il décide de quitter la Bretagne pour tenter l'aventure dans la capitale. Il se retrouve embauché sur les chaînes de production Renault et bientôt, il va être pris dans le tourbillon du Front populaire. De son côté, Louison fuit également la Bretagne aidée par sa rencontre opportune avec Sarah Bernstein…
oublier que, deux ans auparavant, les ligues d'extrême droite avaient fait vaciller la République. C'est oublier le rôle de chaque français pour ne conserver que celui de Léon Blum, par ailleurs déterminant. Ces oublis, Chantal Van Den Heuvel les comble grâce à La Belle Espérance. La scénariste fait débuter son histoire peu de temps après la prise de pouvoir d'Hitler, par un événement marquant : l'affaire Stavisky. Elle nous la présente par l'entremise de Sarah et Simon Bernstein, célèbre couturier parisien. Rapidement, on fait la bascule avec Louison et Roger, jeunes amoureux bretons qui rêvent de devenir actrice et ingénieur. Malheureusement, la grande crise est passée par là et la vie rurale en France est extrêmement rude. La parfaite illustration de cette France des campagnes c'est Fernand, l'aubergiste, qui se venge son infériorité sociale grâce à un droit de cuissage sur son personnel. Par un coup du sort, le couple va être contraint de quitter le Finistère pour la capitale. C'est alors que se rencontrent nos deux héroïnes. C'est aussi l'occasion de donner à voir une autre facette de la société française : la dure réalité du monde ouvrier. Loin de l'humour des Temps Modernes, c'est le quotidien qui est montré dans toute sa violence. Ce double portrait sociétal est mise en image par Anne Teuf. Avec une ligne
claire assumée et parfaitement en adéquation avec l'époque, la dessinatrice nous immerge littéralement dans les années 30. C'est un condensé de fraîcheur mais qui ne cache rien à la violence de la société d'avant-guerre. Les personnages sont certes caricaturés mais ils restent identifiables et, si leur traits sont parfois déformés, c'est toujours pour améliorer la lisibilité. La mise en scène est soignée faisant la part belle aux relations sociales plus qu’aux péripéties.Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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