Nom de la série : La guerre d'Audrey
Scénario : Salva RUBIO
Dessin : Loreto AROCA
Couleur : Loreto AROCA
Maison d'édition : Soleil
Avant les projecteurs, les robes de soirée et la gloire, Audrey Hepburn n’était qu’une jeune fille passionnée de danse classique. Une jeune fille qui va pourtant grandir au cœur de la guerre, entre bombardements, privations, pressions et horreurs. Salva Rubio et Loreto Aroca racontent le destin bouleversant d’une enfant ordinaire que les épreuves vont transformer en une femme extraordinaire !
Dans la loge du théâtre où elle triomphe, la jeune Audrey se voit annoncer une bonne nouvelle par sa mère. Le père d’Anne Frank l’a repérée pour jouer le rôle de sa défunte fille dans l’adaptation cinématographique de son célèbre journal. Pourtant, malgré la pression maternelle, Audrey n’est pas très enthousiaste. Pas du tout enthousiaste, même ! En effet, cela la fait replonger dans ses souvenirs de guerre. En décembre 1939, sa mère la rapatrie du Royaume-Uni, tout juste entré en guerre, vers les Pays-Bas, réputés neutres. C’est là que la fillette tombe amoureuse de la danse, le jour même de l’invasion nazie. Tout doucement, la danse va venir remplir sa vie. Elle va surtout remplacer la douceur de vivre lorsque ses frères vont être réquisitionnés pour servir l’effort de guerre allemand. Et puis, la présence de l’occupant va se faire chaque jour plus oppressante, au contraire de la nourriture dans les assiettes. Lorsqu’Audrey se voit proposer de danser devant des résistants, elle se sent fière. Mais quand les nazis commencent à dresser des listes, elle décide de tout arrêter ! Ce n’est pourtant que le début d’une longue bataille qui va forger le caractère de la fillette, puis de l’adolescente, jusqu’à faire d’elle la célèbre Audrey Hepburn…
On ne présente plus Audrey Hepburn ! À l’image des plus grandes, l’actrice est devenue une icône parmi les plus belles, les plus talentueuses et les plus célèbres du 7e art ! Pourtant, bien avant d’être cette star du cinéma, la vie de la jeune Audrey est déjà une aventure en elle-même. En 1939, la guerre a éclaté et la jeune Audrey est en pension au Royaume-Uni. Sa mère, inquiète qu’elle ne subisse les bombardements nazis, la rapatrie aux Pays-Bas, alors neutres. Le changement est plutôt brutal pour la jeune écolière. Pourtant, la petite Audrey retrouve avec plaisir sa famille, et en particulier ses deux frères. Ensuite, il y aura la découverte de la danse, avant le déclenchement de la guerre. Cette première partie place le contexte, mais l’essentiel va seulement arriver. Avec l’occupation, la vie de famille va être bouleversée : réquisition des frères pour l’effort de guerre, rationnement et privations, guerre psychologique et même rafle. Salva Rubio prend soin de ne pas tomber dans le voyeurisme ou le misérabilisme, mais il raconte l’existence de cette gamine à travers ses propres yeux. Point de fureur et de rage, donc, mais de l’incompréhension. Et, au fur et à mesure qu’elle grandit et que la guerre s’enlise, elle va se forger le caractère qui fera d’elle la célébrité qu’elle deviendra. Cette pudeur, on la retrouve dans le trait de Loreto Aroca. La dessinatrice espagnole fait le choix d’un style à dominante réaliste. Elle nous montre la croissance rapide de la fillette, sans que jamais le lecteur ne soit perdu dans les ellipses. Si les dessins sont d’une force brute, c’est l’atmosphère dégagée par la colorisation qui émeut le plus. Au départ, on ressent une gêne face à certaines couleurs ternes. Il y a pourtant des coups de cœur de la jeune Audrey, à la vue des danseuses, par exemple. Plus le temps passe, plus la guerre s’éternise et plus la grisaille gagne du terrain, tandis que la joie de vivre s’évapore ! Il subsiste alors de très rares moments de liberté, qui s’affranchissent du cadre, et même parfois de bonheur, éclairés par une chaude luminosité, y compris dans les scènes nocturnes.
L’album s’ouvre sur la proposition faite à la jeune actrice d’incarner Anne Frank. C’est pourtant bien la jeunesse d’Audrey Hepburn qui nous est racontée. Une jeunesse de guerre faite de privations, d’humiliations et de peur, qui fera d’elle l’icône planétaire que l’on connaît aujourd’hui.