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La langue des vipères La langue des vipères

La langue des vipères

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Nom de la série : La langue des vipères
Scénario : Juliette Brocal
Dessin : Juliette Brocal
Couleur : Juliette Brocal
Maison d'édition : Rue de Sèvres

Iodis, fille illégitime d’un puissant cardinal, a grandi à l’abbaye de Réol parmi des jeunes nobles mieux nées qu’elle. Brillante mais fragile socialement, elle voit son avenir menacé à la mort de son père. Avec La Langue des vipères, Juliette Brocal nous entraîne dans une abbaye imaginaire, inspirée de la Renaissance en Italie, dans laquelle on enseigne une drôle de magie ! Un thriller ésotérique passionnant !
 
Après la disparition de son père, Iodis se retrouve sans protection ni financement... Elle n’a alors d’autre choix que de décrocher le titre de Doctorante pour échapper à la vie monastique. Pour cela, elle doit prouver son talent pour la « Langue », une magie liturgique capable d’offrir des visions du passé et du présent à ceux qui la maîtrisent et qu’on lui enseigne depuis son plus jeune âge.
L’arrivée d’Halcyon de Monterréol, nouvelle élève aussi talentueuse que mystérieuse, vient bouleverser cet équilibre précaire. Très vite, la rivalité académique se double d’une suspicion plus grave. Lorsqu’un peintre disparaît avec une œuvre précieuse, laissant derrière lui les traces d’une altercation violente, Iodis en est persuadée : Halcyon cache un secret. L’enquête qui s’engage dépasse rapidement la simple jalousie entre étudiantes et révèle des enjeux politiques et religieux capables d’ébranler l’abbaye tout entière.

Avouons-le, le début de l’album peut dérouter. L’autrice nous plonge directement dans le vif du sujet avec un univers codifié, riche d’un vocabulaire religieux et politique qui demande un temps d’adaptation. Pourtant, une fois ce premier cap franchi, l’immersion devient totale.
Le cœur du récit repose sur la relation entre Iodis et Halcyon. D’abord adversaires, elles se révèlent peu à peu plus proches qu’elles ne l’imaginaient. Loin d’une simple rivalité scolaire, leur affrontement devient un miroir : deux jeunes femmes brillantes, chacune prisonnière de son rang, tentent de se faire une place dans un monde qui les instrumentalise. Cette tension nourrit tout le récit tout comme l’aspect thriller qui fonctionne particulièrement bien. La disparition du peintre et le mystère qui entoure Halcyon installent une atmosphère de suspicion permanente.

A noter qu’ici la magie n’est pas spectaculaire mais intellectuelle : la « Langue » est un outil de savoir, donc de pouvoir. Cette idée donne à l’album une dimension ésotérique fascinante.
Juliette Brocal signe donc scénario, dessin et couleurs avec une maîtrise remarquable. Son trait fin et délicat évoque les enluminures médiévales, tandis que les compositions rappellent parfois des retables ou des vitraux. Les décors sont d’une richesse incroyable : colonnes ouvragées, drapés minutieux, costumes Renaissance détaillés… Graphiquement, La Langue des vipères impressionne pour un premier album !

Pour conclure, on peut dire que cette BD ambitieuse confirme le talent de Juliette Brocal et donne envie de replonger immédiatement dans cet univers pour en savourer toute la richesse. Et à la vue du twist final, j’espère que l’on pourra revoir ces deux héroïnes dans un prochain opus...

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : fanch

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