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Disparition Disparition

La rhapsodie du ciel - Tome 3

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Nom de la série : La rhapsodie du ciel
Tome : 3
Titre du Tome: Disparition
Scénario : Chendi
Dessin : Chendi
Couleur : Chendi
Maison d'édition : PAQUET

À quelques heures du lancement du championnat aérien, la jeune pilote Natalia disparaît. Dans une ville sous tension à l’approche des élections, aurait-elle mis au jour des secrets trop dangereux ? Chendi poursuit avec brio son récit consacré aux pionniers, et pionnières, de l’aviation. Une série pleine de charme à ne surtout pas manquer.
 
À Himmelheim, l’atmosphère est électrique. Non seulement les prochaines élections municipales s’annoncent serrées, mais les préparatifs du sixième championnat aérien ajoutent encore à la tension ambiante. Parmi les participants, Katzenberg vise rien de moins qu’une double victoire : dans les airs et dans les urnes. Mais le vieux maire Niedler n’a aucune intention de lui laisser le champ libre. De ces manœuvres politiques, Alfred se soucie peu. Avec son équipe, il vit, dort et respire aviation. L’albatros qu’ils construisent pour Natalia doit être prêt dans trois semaines, juste à temps pour le début de la compétition. Sous ses airs bourrus, Alfred apprécie pourtant de travailler aux côtés de sa nièce. Soucieux de la protéger, il lui interdit toutefois l’accès à l’atelier. Natalia finit malgré tout par se voir confier une mission : aller récupérer un anémomètre à la poste. Mais les heures passent… et la jeune pilote ne ressort pas du bâtiment. L’inquiétude laisse bientôt place à l’évidence : Natalia a disparu. Dans un contexte aussi sensible, son enquête sur la mort de Robert a peut-être mis au jour des secrets que certains auraient préféré garder enfouis. Une seule priorité désormais : la retrouver.
Depuis que Natalia a convaincu son oncle Alfred de lui construire un avion pour participer au championnat d’Himmelheim, toute la vie de l’atelier tourne autour de ce projet. Fidèle à sa réputation, Alfred tempête contre tout le monde ; y compris contre Natalia, pourtant bien décidée à participer à la construction. Pris dans leurs préparatifs, tous semblent avoir relégué au second plan la mort de Robert. Jusqu’à ce que Katzenberg, vainqueur en titre et candidat à la mairie, ressorte certaines méthodes pour le moins familières… Lorsque Natalia disparaît après avoir été envoyée à la poste récupérer un anémomètre, personne n’imagine encore que cet événement va bouleverser l’équilibre fragile de la petite ville. Chendi choisit d’ailleurs d’ouvrir ce troisième opus sur cette disparition. Une prolepse qui annonce d’emblée l’enjeu du récit avant de revenir au fil « normal » des événements. Une manière efficace d’installer la tension tout en laissant à l’autrice le temps de développer ses personnages. Car une fois encore, c’est Alfred qui occupe le cœur du récit. Entre la construction de l’albatros et ses éclats de mauvaise humeur, le personnage révèle peu à peu la tendresse qu’il cache derrière sa carapace de vieux grognon. En toile de fond, la course à la mairie continue de nourrir l’intrigue. Les ambitions politiques se mêlent aux secrets bien gardés des différents candidats. À l’aube d’un conflit mondial qui se profile, Chendi en profite pour dresser le portrait d’une société pleine de contradictions : « Une femme peut piloter un avion, mais pas voter ; elles sont juste bonnes à marier. » Mais le véritable moteur du récit reste la disparition de Natalia. Ses proches se lancent dans une enquête menée tambour battant, entre révélations, courses-poursuites et bagarres. Le rythme ne faiblit quasiment jamais, à l’exception d’un bref moment de répit qui permet d’introduire ce qui pourrait bien être la prochaine grande surprise de la série. Et la dernière péripétie laisse présager un quatrième tome particulièrement explosif. Si le scénario se révèle particulièrement bien construit, c’est aussi le dessin de Chendi qui continue de séduire. Les personnages, aux traits désormais plus arrondis, n’ont rien perdu de leur expressivité. Les décors, qui évoquent parfois l’univers de Heidi, réveillent une certaine douceur enfantine sans jamais tomber dans le folklore. Sous des dehors très classiques, la mise en page se montre pourtant moderne et dynamique, facilitant la lecture malgré la densité des dialogues. Quant à la colorisation, toute en teintes pastel légèrement délavées, elle confère à l’ensemble une atmosphère délicieusement rétro.
On associe souvent les récits d’aviation aux combats spectaculaires de Top Gun ou aux aventures héroïques des Chevaliers du ciel. Chendi prend ici une direction bien différente. Entre polar et chronique sociale, elle nous plonge dans l’époque fascinante des pionniers, et pionnières, de l’aviation. Un petit bijou que je ne peux que vous recommander chaudement.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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