Espace membre Me connecter
DEPLANO DEPLANO
La vérité de Pinocchio La vérité de Pinocchio

La vérité de Pinocchio

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : La vérité de Pinocchio
Scénario : Loïc MALNATI
Dessin : Loïc MALNATI
Couleur : Loïc MALNATI
Désign : Béatrice TILLIER
Supervision artisitique : Jean Luc MASBOU
Maison d'édition : Grand Angle

Tout le monde connaît le pantin de bois qui rêvait de devenir un vrai petit garçon. Mais si Pinocchio s’était trompé de chemin ? Conseillé par Béatrice Tillier et Jean-Luc Masbou, Loïc Malnati revisite le conte de Collodi loin de la magie édulcorée de Disney. Une version plus sombre, irrévérencieuse et plus proche de l'originale, qui bouscule nos certitudes et nous rappelle que l’humanité ne se résume pas aux apparences !

Après avoir risqué sa peau, Pinocchio a réussi à sauver son père des entrailles d’un gigantesque et monstrueux requin. Il a donc mérité de devenir un vrai petit garçon. Mais, sous le coup de l’émotion, Gepetto décède et l’illusion disparaît. Redevenu pantin, Pinocchio est suspecté d’être possédé. Il est alors balancé et abandonné comme un vulgaire objet devenu inutile. Au pied d’un arbre mystérieux, Pinocchio revient sur sa vie. De sa naissance à sa rencontre avec la Fée bleue, de ses mensonges à son manque de méfiance envers le Chat et le Renard, en passant par sa visite au pays des jouets et à Attrape-Nigaud, toutes ces épreuves auraient dû le rapprocher de l’humanité. Malheureusement, elles l’ont surtout éloigné de sa véritable nature.
Conte de fées que l’on raconte le soir aux enfants, les aventures de Pinocchio sont profondément marquées par l’adaptation qu’en ont faite les studios Disney. Comme souvent, pourtant, l’histoire a été largement revue et corrigée par rapport à l’œuvre originale. Habitué aux univers steampunk et, en particulier, aux pantins, Loïc Malnati avait assez naturellement en tête d’adapter le conte de Collodi. Sous l’impulsion de son éditeur et après une discussion avec deux monstres sacrés de la bande dessinée contemporaine (Béatrice Tillier et Jean-Luc Masbou, rien que ça !), l’auteur des Contes mécaniques nous livre sa propre vision de ce classique. L’histoire débute donc par la fin et nous plonge dans les péripéties sans aucune phase d’introduction. Après avoir sauvé Gepetto des entrailles d’un monstrueux requin, Pinocchio et son père pensent pouvoir reprendre une vie normale. Malheureusement, toutes ces épreuves ont profondément marqué le vieil homme, qui décède lorsqu’il découvre un vrai petit garçon dans son pantin. Délaissé au pied d’un arbre magique, Pinocchio se remémore alors son existence. Cette succession de flashbacks apporte un rythme plutôt plaisant, mais elle permet surtout à Loïc Malnati d’approfondir son propos. On le sait tous : chaque aventure, chaque épreuve que traverse Pinocchio lui permet d’apprendre, de comprendre, de grandir et donc de devenir plus humain. Un récit d’initiation, en quelque sorte ! Dans sa volonté de coller davantage au récit original, Loïc Malnati renverse pourtant le phénomène. Plus Pinocchio s’humanise, moins il parvient à rester fidèle à ce qu’il est véritablement. Le récit devient alors une sorte d’ode à la nature, mâtinée d’une critique assez acerbe des dérives de nos sociétés. Côté dessin, le tatoueur Loïc Malnati est reconnu pour son univers steampunk et ses robots. Il est donc assez naturel que son Pinocchio soit magnifique ! D’ailleurs, tout ce qui touche de près ou de loin à la mécanique est tout simplement somptueux. Le dessinateur nous émerveille également avec des personnages charismatiques et hauts en couleur. Émouvants, parfois agaçants ou mesquins, ils ne laissent personne indifférent. Les décors nous font voyager des ruelles italiennes aux manoirs hantés des parcs d’attractions. Quant aux clins d’œil à ses deux amis, ils sont autant de petits enchantements. La colorisation privilégie des teintes douces et pastel, qui viennent heurter la violence du propos et démontrent, une nouvelle fois, que l’existence n’a rien de manichéen. Comme il l’explique à la fin de l’album, Loïc Malnati a également multiplié les miroirs. Pour le lecteur, c’est l’occasion de profiter d’un jeu de reflets parfaitement abouti. Pour Pinocchio, c’est une façon de constater que la réalité est parfois bien différente des apparences.
Amoureux du Pinocchio de Disney, vous pourriez être stupéfaits par cette nouvelle version, plutôt irrévérencieuse, qui prouve que l’humanité réside davantage dans le cœur des êtres humains que dans leur capacité à corriger leurs erreurs. Un Pinocchio plein d’espoir, donc !

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

Nombre de chroniques publiées : 191