Nom de la série : Le chemin derrière la maison
Scénario : Jeremie Gasparutto
Dessin : Jeremie Gasparutto
Maison d'édition : LABEL 619
Il y a des bandes dessinées qui racontent une histoire, et d’autres qui invitent à s’y promener. Le chemin derrière la maison appartient résolument à cette seconde catégorie : une œuvre sensible, presque murmurée, qui parle moins d’événements que de sensations, de mémoire et de ces lieux ordinaires qui façonnent une vie. Une lecture qui peut se mener comme dans un recueil de poésie composé de bride d’image à la lecture indépendante.
Le point de départ paraît simple : un chemin, quelque part derrière une maison. Un de ces passages familiers que l’on emprunte sans y penser — jusqu’au jour où l’on comprend qu’il est chargé de souvenirs. La bande dessinée explore cette géographie intime : les paysages du quotidien, les saisons qui passent, les petites découvertes qui semblent anodines mais qui construisent l’identité.
L’auteur Jéremie Gasparutto, adopte un récit au rythme contemplatif. Ici, pas de rebondissements spectaculaires ; la tension est celle du temps qui s’écoule, de la mémoire qui transforme les lieux, de l’enfance qui s’éloigne sans disparaître tout à fait. Cette douceur narrative donne au livre une dimension universelle : chacun peut reconnaître son chemin derrière la maison.
L’un des grands atouts de l’album réside dans sa manière de traiter l’espace. La nature, les sentiers, les lumières changeantes ne servent pas de décor : ils agissent comme de véritables protagonistes. Le dessin s’attarde sur les détails — herbes, ombres, textures du ciel — et installe une atmosphère presque tactile.
Cette attention au cadre crée une lecture immersive. On ne “regarde” pas seulement les planches, on les habite. Le silence, les respirations entre les cases, les compositions ouvertes donnent au lecteur la place nécessaire pour projeter ses propres souvenirs.
Sous son apparente simplicité, l’album aborde des thèmes profonds comme la transformation des lieux au fil des années, la manière dont l’enfance persiste dans le regard adulte, le lien entre mémoire et paysage, la mélancolie douce des choses ordinaires.
La bande dessinée parle du passage du temps sans nostalgie pesante. Elle préfère la délicatesse à la démonstration, suggérant plutôt qu’expliquant.
Le style narratif, proche du carnet de souvenirs ou du récit introspectif, séduira les lecteurs sensibles aux ambiances plus qu’à l’action. On pense davantage à une promenade littéraire qu’à une aventure classique. C’est une œuvre qui se lit lentement, que l’on referme avec l’envie d’aller marcher dehors.
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