Nom de la série : Le gout du métal
Scénario : Bruno Duhamel
Dessin : Bruno Duhamel
Maison d'édition : GRAND ANGLE
Hélène ramasse les feuilles dans son jardin lorsqu’une camionnette de La Poste s’arrête pour lui déposer un colis. Celui-ci ne lui est pas destiné, mais à Léo, son frère, qu’elle héberge depuis deux ans. Une situation somme toute banale… si Léo n’était pas un personnage à part. Sans emploi, vivant du RSA, peu enclin à participer aux tâches ménagères, il consacre son temps à la pêche à l’aimant, dans l’espoir de dénicher un trésor qui le rendra riche.
À la réception de ce colis — contenant un détecteur de métaux, sa nouvelle lubie — Hélène explose. Cette manière de vouloir « gagner sa vie » est loin de faire l’unanimité, et surtout pas celle de Gabriel, un patriarche du village aux méthodes radicales, qui n’hésite pas à piéger les chasseurs de trésors. Deux mondes opposés vont alors inévitablement entrer en collision.
Bruno Duhamel est sans doute l’un de mes conteurs préférés. Il possède ce talent rare de transformer une situation en apparence anodine en quelque chose de profondément vivant et crédible. Après les belles réussites que sont Nouveau Contact, Deux Sœurs ou Jamais, il réitère ici avec Le Goût du métal.
Le lecteur est plongé dans un petit village reculé pour suivre deux trajectoires distinctes : celle de Léo et Hélène, confrontés à des difficultés financières et à la dure réalité du monde agricole ; et celle de Gabriel et Justine, liés par une amitié solide depuis la mort de l’épouse de Gabriel. Peu à peu, ce dernier sombre dans une forme d’extrémisme, durcissant ses paroles et ses actes envers ceux qu’il considère comme des pilleurs de patrimoine.
Au-delà de ces deux récits, l’auteur explore avec finesse la psychologie de ses personnages, jusqu’à les faire se rencontrer dans une scène aussi inattendue que marquante.
Dans l’ensemble, l’album se révèle agréable à lire, même s’il faut reconnaître qu’il manque parfois un peu de suspense. Mais Bruno Duhamel a ce talent singulier : celui de placer au premier plan des personnages secondaires, ces individus souvent invisibles dans notre société car hors norme.
Côté dessin, le style nous immerge pleinement dans l’ambiance rurale. Les décors regorgent de détails — paysages, animaux, nature — qui évoluent au fil des planches, comme le temps qui passe.
En conclusion, Le Goût du métal est une œuvre à découvrir tranquillement, sans a priori. Elle offre une réflexion sensible sur la nature humaine et sur ces personnages que l’on juge trop vite, alors qu’ils ont, bien souvent, simplement besoin d’aide.
Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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