Titre du Tome: Le grand voyage d'Alice

approche. Et puis, un matin, la famille est réveillée par une série d'explosions. La décision tombe : il faut partir ! D'abord à pied puis à l'arrière d'un camion, la famille arrive au bord d'un lac ; de l'autre côté de la frontière. Malheureusement, dans ce camp de réfugiés, le choléra fait autant de ravage que les incursions des miliciens et la famille est contrainte à reprendre la route. De nouveau d'interminables heure de marche, de nouveau des camps de réfugiés et de nouveau des attaques ! Mais cette fois, la famille est séparée et Alice, accompagné sa petite sœur Adeline, va être contrainte de poursuivre son périple seule. De camps en famille d'accueil, de haine et dénonciations en solidarité et entraide, la petite fille va grandir dans ce Rwanda en proie aux pires déchirures. Et puis, un jour…
justement la grande force de cet album : mettre un visage sur un prénom qui a vécu et fuit les massacres. Ce visage, c'est celui d'Alice ! Cette gamine de 5 ans va être contrainte de quitter sa maison et son village et nous, tranquillement dans notre fauteuil, allons suivre son exode à travers trois pays et plusieurs milliers de kilomètres. En effet, l'album se focalise sur Alice et se met à sa hauteur. C'est comme cela qu’on ne comprend pas franchement ce qu'il se passe mais qu'il faut partir et surtout ne pas se plaindre sous peine de rester sur le bord de la route. Bien sûr, il nous manque beaucoup d'explications mais l'appropriation du destin de cette gamine en est facilitée. Je n'oublie pas la conclusion de l'album : à la suite d'une attaque d'un camp de réfugiés, Alice et sa sœur Adeline sont séparées de leurs parents. Si elles vivent toujours dans l'espoir de les retrouver, l'issue est particulièrement incertaine dans le chaos d'un pays en guerre civile et même la famille des fillettes n'est pas toujours aussi aimante qu'on le pense. Le graphisme de Gaspard Talmasse fait la part b
elle aux gros plans. Cela facilite énormément la compréhension des émotions et la personnification aux personnages. Cela fait cependant au détriment de la reconnaissance des personnages mais cela importe peu. En tant qu'enfant, tous les adultes se ressemblent et Alice devient dès lors le visage de toutes les victimes. Cet aspect est d'autant plus fort que la colorisation en aquarelle directe nous immerge dans la promiscuité des camps aussi durement que dans la forêt équatoriale. Pour finir, l'album comble une lacune : iI donne la parole à la mère d'Alice afin d'avoir, cette fois, un regard plus adulte sur cette extraordinaire histoire.Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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