Nom de la série : Le reste du monde
Tome : 5
Titre du Tome: Les jours heureux
Scénario : Jean Christophe Chauzy
Dessin : Jean Christophe Chauzy
Couleur : Jean Christophe Chauzy
Maison d'édition : Casterman
Les années ont passé. Hugo, sa mère et Pluto, son chien, ont trouvé refuge dans une colonie. Leurs vies ont changé : fini de zoner pour chercher de la nourriture ou se cacher. Désormais, tout est presque redevenu normal. Ce jour-là, Hugo doit participer, avec les autres jeunes, à une formation de sécurité. La première mission consiste à livrer des vivres au « Purgatoire », un endroit où l’on parque les malades, contagieux et sans espoir, en attendant leur décès. Hugo connaît très bien cet endroit pour y avoir vécu. Puis vient la séance de tir, un exercice qui ne l’impressionne pas puisqu’il a déjà utilisé une arme. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance d’Aïcha. Mais sa petite réussite à dégommer des bouteilles n’est pas du goût de tout le monde, en particulier d’un groupe de garçons leaders dans la colonie.
Après des années de galère, le quotidien de Hugo et de sa mère, professeure, semble avoir repris un cours normal. Les premières planches donnent le sentiment d’être dans une autre série, bien différente des premiers tomes. Les gens vivent dans une colonie organisée, avec des règles, des maisons en dur, de la nourriture, du matériel et tous les petits tracas du quotidien. Mais tout cela n’est qu’une apparence : Jean-Christophe Chauzy, auteur de cette série post-apocalyptique, rappelle rapidement aux lecteurs que l’enfer est toujours présent, à l’image du Purgatoire, qui aurait tout aussi bien pu s’appeler le mouroir.
Plus de six ans après le dernier tome, Jean-Christophe Chauzy a su faire évoluer son personnage principal, Hugo, qui sert de voix off tout au long de l’album pour dévoiler ses sentiments, en complément des images. Il n’est plus un enfant, mais un jeune adulte qui va connaître les joies de l’amour, ainsi qu’une forme d’émancipation vis-à-vis de sa mère. Il partage de moins en moins ses visions, notamment son leadership sur les autres habitants, et son obsession de prendre la mer pour traverser vers une illusion.
Ce quatrième volet constitue un véritable tournant dans la série. Certes, le mode survie est toujours présent et les protagonistes restent en quête de l’essentiel — réapprendre à pêcher, cultiver, se défendre, utiliser leur savoir-faire manuel, transmettre — mais le véritable basculement vient de Hugo, qui va provoquer une rupture profonde avec toute forme de société.
Au niveau du dessin, Chauzy n’a rien perdu de son talent. On apprécie particulièrement la richesse des détails, des objets et des décors, qui font osciller le regard entre un monde apocalyptique et un monde presque normal. Il faut également souligner le travail sur les couleurs, qui permet, sur une même planche, de mêler les actions du passé et celles du présent.
Ce volet n’est pas le dernier : un ultime tome doit venir clore cette série, qui fait sans aucun doute partie des meilleures œuvres post-apocalyptiques en bande dessinée. Autant dire qu’il est très attendu, et que l’on se demande comment l’auteur parviendra à conclure cette aventure.
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