Nom de la série : Le vent dans les Saules
Tome : intégrale prestige
Scénario : Kenneth Grahame, Michel Plessix
Dessin : Michel Plessix
Couleur : Michel Plessix
Maison d'édition : Delcourt
Avec Le Vent dans les saules, adaptation du grand classique de Kenneth Grahame, Michel Plessix nous offre chez Delcourt une œuvre d’une tendresse et d’une beauté rares, à la fois fidèle à l’esprit du roman original et magnifiée par un travail graphique somptueux.
Tout commence avec Monsieur Taupe, affairé dans un grand ménage de printemps : dépoussiérage, rangement, astiquage… toutes ces tâches aussi nécessaires qu’ennuyeuses. Mais très vite, quelque chose l’appelle : dehors, la nature s’éveille.
Le printemps pointe le bout de son nez, l’air semble chargé de promesses, et l’envie de quitter son terrier devient irrésistible. C’est ainsi qu’au détour d’une promenade, assis au bord d’un ruisseau, il fait la rencontre de Monsieur Rat. Une rencontre qui va marquer le début d’une belle amitié. Rat l’invite aussitôt à monter dans sa barque pour une balade au fil de l’eau. Entre pique-nique, discussions et découverte des environs, la journée se transforme en parenthèse enchantée.
C’est aussi l’occasion de croiser Loutre, amie de Rat, puis un autre personnage bien plus extravagant , Monsieur Crapaud. Impossible de parler du Vent dans les saules sans évoquer l’inénarrable Monsieur Crapaud. Richissime, fantasque et toujours pris de nouvelles obsessions, il est le moteur de nombreuses péripéties. La moindre nouveauté devient pour lui une passion dévorante. Ainsi, lorsqu’il croise pour la première fois une automobile, c’est la révélation. Sa roulotte et ses anciennes lubies sont aussitôt oubliées : désormais, il lui faut une voiture.
Ce personnage apporte au récit une touche d’humour irrésistible, faite d’excès, de caprices et de situations souvent rocambolesques.
Mais au-delà de ces épisodes pleins de fantaisie, le cœur du récit reste l’amitié naissante entre Taupe et Rat.
Au fil des saisons, leur lien se renforce.
La curiosité de Taupe le pousse bientôt vers une nouvelle envie : rencontrer Monsieur Blaireau, personnage aussi mystérieux que respecté. Malgré les avertissements de Rat, qui juge la forêt trop dangereuse, Taupe décide de s’y aventurer seul.
Et comme annoncé, les bois ne sont pas sans danger.
Des prédateurs rôdent, l’ombre s’installe, et l’atmosphère devient plus inquiétante.
Prévenu du départ de son ami, Rat se lance aussitôt à sa recherche.
Une séquence pleine d’émotion qui rappelle que derrière le charme bucolique, le récit sait aussi créer de la tension.
Cette adaptation du roman de Kenneth Grahame, publié en 1908, restitue à merveille tout ce qui a fait le succès de l’œuvre originale. On y retrouve cette douceur, cette poésie du quotidien, cette manière de transformer de simples instants en souvenirs impérissables. Ce sont de petites aventures, presque ordinaires, mais qui prennent ici une dimension universelle : l’amitié, la découverte, le passage des saisons, le plaisir des moments partagés.
S’il fallait souligner un aspect particulièrement marquant, ce serait sans hésiter le travail graphique.
Le dessin est d’une richesse impressionnante. Chaque décor, chaque sous-bois, chaque rive de rivière déborde de détails.
Les couleurs jouent un rôle essentiel. Elles accompagnent le passage des saisons, installent les ambiances et renforcent cette sensation d’immersion.
Le printemps respire, l’automne enveloppe, l’hiver apaise.
Visuellement, c’est une véritable merveille.
Un immense classique à redécouvrir
Le Vent dans les saules est une lecture douce, émouvante et profondément réconfortante.
Une BD qui célèbre la nature, l’amitié et le goût de l’aventure, portée par une adaptation d’une grande justesse et un dessin somptueux.
Un véritable coup de cœur, et une très belle réédition pour celles et ceux qui n’auraient pas encore découvert ce grand classique.