Nom de la série : Le village
Scénario : Franck Thilliez et Niko Tackian
Dessin : Kamil Kochanski
Couleur : Hugo Sebastian Facio
Maison d'édition : DELCOURT
Mars 2024. Très tôt sur le lac de la vallée du Mont Aiguille, un homme pêche tranquillement à la ligne lorsqu’un courant d’eau lui amène un cadavre, puis un deuxième. En remontant le cours d’eau, il découvre alors une dizaine de corps, vêtus de blouses d’hôpital, intacts, mais dont le cerveau a entièrement fondu. Rapidement, et vu la quantité, les cadavres sont installés dans la chambre froide d’un abattoir à proximité. La lieutenante Sarah Minsk se rend sur les lieux ; le médecin légiste lui fait son rapport : aucune lésion externe, mais une absence complète de matière cérébrale. Parmi les victimes, une seule personne n’est pas vêtue d’une blouse d’hôpital. En revanche, elle présente sur le corps d’étranges marques ressemblant à une formule mathématique.
Pendant ce temps, boulevard Saint-Germain, un homme à la capuche rabattue sur la tête se dirige vers une librairie spécialisée. Il entre dans la boutique, mais visiblement, il n’est pas là pour se cultiver : il est venu en découdre avec le vendeur. Il sort une lame, lui ordonne d’enlever son tee-shirt et lui demande où « il a caché la carte ». Le jeune homme ne comprend rien, s’enfuit et traverse la route, poursuivi par le détraqué. Heureusement pour lui, une voiture vient le percuter : sans le savoir, il vient d’échapper à un supposé tueur en série.
Deux actions, deux lieux différents : autant dire que l’on est rapidement mis dans le feu de l’action par les deux scénaristes, Niko Tackian et Franck Thilliez. À l’image de la série télévisée Alex Hugo, co-créée par les deux hommes, l’histoire débute dans les paysages montagneux des Alpes. C’est la jeune lieutenante Sarah Minsk qui accompagnera les lecteurs tout au long des 150 pages de ce roman graphique thriller.
Certes, le début peut sembler un peu complexe, le temps de comprendre le puzzle qui se met en place entre les personnages, le passé du jeune libraire Logan, le mystère autour de cette formule mathématique et ce tueur surnommé « l’Écorcheur ». Mais une fois le brouillard dissipé, la lecture devient fluide, stressante, remplie d’horreur et de frissons, jusqu’à la révélation du rôle de ce village qui apparaît et disparaît, pour finalement basculer vers un sujet d’anticipation.
Cette histoire n’est pas seulement une enquête policière : c’est aussi une remise en question de notre système qui, sans réaction, pourrait mener à la perte de l’humanité.
Pour illustrer cette folie et ce suspense, les auteurs ont fait appel au dessinateur britannique Kamil Kochanski (également auteur d’un épisode de Survival avec Christophe Bec). Son dessin sombre et angoissant apporte une dimension particulière à la lecture. Son point faible réside dans la distinction des personnages, parfois difficile, mais il excelle dans le découpage et la mise en scène, traduisant à merveille l’univers des deux scénaristes.
Aucun doute : le lecteur sera plongé dans un univers presque cinématographique, comme s’il était installé devant un grand écran ou confortablement assis dans un fauteuil, en train d’imaginer chaque scène.
Un travail collectif qui offre un très beau résultat. Si vous êtes fan du travail de Tackian et Thilliez, vous serez assurément sous le charme, avec un final totalement inattendu.
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