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Les chimères de Vénus - Tome 3

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Nom de la série : Les chimères de Vénus
Tome : 3
Scénario : Alain AYROLES
Dessin : Etienne JUNG
Couleur : Thierry LEPREVOST et Etienne JUNG
Maison d'édition : Rue de Sèvres

Sur l’Île Magnétique, Hélène a enfin retrouvé Aurélien ! Mais tandis que les amants se réunissent, les grandes puissances européennes s’embrasent sous le poids de leurs ambitions, et la guerre menace d’éclater à tout instant. Un final grandiose pour clore en apothéose ce triptyque spectaculaire dans l’univers du Château des Étoiles.
 
À l’âge de l’éther, les empires français et britannique se sont lancés à la conquête de Vénus. Pour exploiter cette colonie aux confins de l’univers, Napoléon III y a installé un bagne où il fait enfermer ses opposants politiques. Parmi eux figure le poète contestataire Aurélien d’Hormont. Évadé, il a trouvé refuge sur l’Île Magnétique. Sa fiancée, l’actrice Hélène Martin, a juré de le rejoindre. Au terme d’un long et tumultueux périple, Hélène a enfin retrouvé Aurélien. Celui-ci est devenu une sorte de maître des Sargasses qui, si le château est menacé, peuvent devenir incontrôlables. Avec l’aide de Pitaine, il fait visiter le Château à une expédition anglaise. Si les scientifiques restent bouche bée devant la puissance de l’éthérite et l’étendue des connaissances de cette civilisation aujourd’hui disparue, le colonel Fitzsimon n’y voit qu’une occasion d’agrandir l’Empire britannique. Ce que tous ignorent, c’est qu’à quelques encablures de là, le vaisseau du duc de Chauvigny, toujours éperdument amoureux d’Hélène, est en approche. Pire encore, des éthers-cuirassés français et britanniques convergent vers Vénus. La guerre semble inévitable. Hélène et Aurélien parviendront-ils à l’éviter ?
Lorsque les maisons d’édition mettent la main sur une pépite, la tentation est grande de prolonger,  parfois à outrance, les séries et d’en multiplier les cycles annexes. On pourrait croire que c’est exactement ce que fait Rue de Sèvres avec Les Chimères de Vénus. Il n’en est rien. L’univers du Château des étoiles, né de l’esprit fécond d’Alex Alice, est si foisonnant qu’il ne déçoit jamais. Ce troisième album vient clore le triptyque parallèle consacré à Aurélien d’Hormont et Hélène Martin. Une conclusion marquée par un peu moins de rebondissements, puisque les amants se sont retrouvés. L’album se concentre davantage sur la découverte du château de l’Île Magnétique. Si la première visite est réservée aux soldats britanniques, ils sont rapidement rejoints par les grognards de Napoléon III. C’est une nouvelle occasion de passes d’armes entre militaires, mais aussi entre scientifiques, et même entre hommes et femmes. En somme, un retour à une forme de guerre de Cent Ans. Pourtant, le lieu est parfaitement capable de se défendre, et les troupes comprennent vite qu’elles ne font pas le poids. Il faudra une intervention héroïque pour qu’elles s’en sortent saines et sauves. Alex Alice tisse ainsi un récit davantage porté par les atmosphères et les caractères que par l’action pure ; un choix qui fonctionne à merveille, tant le rythme ne connaît aucun temps mort. Il serait difficile de passer à côté des couvertures de cette collection, tant elles attirent le regard des passants en librairie. Dès les premières pages, une bouffée de nostalgie s’empare du lecteur. Les décors parisiens du XIX? siècle, ainsi que le trait légèrement anguleux des personnages, évoquent les dessins animés d’antan, ceux de l’époque de Maurice Chevalier. Pourtant, Étienne Jung ne s’enferme pas dans la nostalgie. Sa mise en page se distingue par une modernité rare : inserts, vignettes rondes ou hexagonales, lectures verticales ou circulaires… Les prouesses picturales sont nombreuses et toujours au service de la narration. Ainsi, l’éthérite, substance invisible, se laisse contempler à travers des vignettes en forme d’œil. Rien n’est laissé au hasard pour renforcer le charme de l’album : jusqu’aux gouttières, travaillées dans un style de vieille carte postale. Quant à la colorisation, si elle demeure vive (quoique légèrement plus terne lors des flashbacks), elle gagne en douceur par rapport aux albums précédents.
J’avais été enthousiasmé par les premiers albums du Château des étoiles, avant de perdre la série de vue. Avec la conclusion de ce récit annexe, je suis retombé sous le charme de l’œuvre d’Alex Alice. Pour cette raison, et pour ses nombreuses qualités, ce triptyque mérite assurément d’être découvert.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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