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Chroniques d'un tournage apocalyptique Chroniques d'un tournage apocalyptique

Les dents de l'enfer

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Nom de la série : Les dents de l'enfer
Titre du Tome: Chroniques d'un tournage apocalyptique
Scénario : Mahi Grand
Dessin : Mahi Grand
Couleur : Mahi Grand
Maison d'édition : DARGAUD

Des Dents de la mer, on retient avant tout le succès. Pourtant, ce chef-d’œuvre aurait très bien pu ne jamais voir le jour. Mahi Grand, scénariste et dessinateur, nous embarque dans les coulisses du film et nous livre la chronique d’un tournage apocalyptique en compagnie de Steven Spielberg.

Allongé sur le canapé du cabinet de son psy, des années après la sortie du film Les Dents de la mer, Steven Spielberg se confie. Nous sommes en 1974. Steven n’a alors que 26 ans et vient de réaliser son dernier film, Sugarland Express, qui connaît un échec commercial. Pourtant, dans le bureau de ses producteurs, il est bien décidé à leur présenter un nouveau projet mettant en scène des navettes spatiales, qui deviendra Rencontres du troisième type.

Ces derniers ne sont guère motivés à l’idée de faire confiance à ce jeune réalisateur pour un projet d’une telle ampleur. Un coup de téléphone met fin à la conversation et Steven se retrouve seul dans le bureau, désemparé. Il s’apprête à partir lorsque son regard se pose sur un manuscrit intitulé Jaws. Il en feuillette quelques pages avant de l’embarquer discrètement sous son manteau.

En parallèle, les producteurs sont justement en discussion avec Peter Benchley, l’auteur du roman Jaws, qui n’est pas convaincu par les réalisateurs qu’on lui propose. Pendant ce temps, Steven Spielberg décortique le manuscrit et commence déjà à imaginer les scènes. Il ne lui reste plus qu’à convaincre les producteurs qu’il est l’homme de la situation.

Les Dents de la mer, de son titre original Jaws, sort en juin 1975 avec un budget initial de 9 millions de dollars, qui sera largement dépassé. Tourné en milieu naturel, le film nécessitera 159 jours de tournage au lieu des 55 prévus. Projeté dans 400 salles à sa sortie, il sera diffusé dans plus de 650 salles un mois plus tard et récoltera plus de 7 millions de dollars dès son premier week-end. Un mois après sa sortie, les recettes dépassent déjà les 60 millions de dollars, pour finalement atteindre 260 millions aux États-Unis et 210 millions dans le reste du monde.

Un véritable succès au box-office, mais également un film qui s’inscrira durablement dans la mémoire collective. Pourtant, le chemin pour en arriver là est loin d’avoir été simple.

Les coulisses du cinéma passionnent et font rêver bon nombre de personnes, en particulier lorsqu’il s’agit de revenir sur les grandes réussites. Le cinéma et la télévision exploitent depuis longtemps cette fascination pour l’envers du décor. Dans le neuvième art, le phénomène est plus discret. Pourtant, depuis quelques années, une brèche s’est ouverte avec plusieurs ouvrages consacrés notamment à Star Wars ou Apocalypse Now. C’est maintenant au tour des Dents de la mer de nous ouvrir les portes des coulisses.

C’est l’auteur Mahi Grand, fort de son expérience dans le milieu du cinéma, qui va nous servir de guide pour cette chronique d’un tournage apocalyptique. Pour introduire son récit, l’auteur prend quelques libertés avec la réalité en imaginant une séance chez un psy. Ce procédé lui permet d’installer une voix off qui accompagne l’album et commente les différentes situations. Il introduit également des éléments imaginaires, comme une petite voix prenant les traits d’Alfred Hitchcock ou encore une compagne pour Steven Spielberg.

Pour le reste, l’auteur a réalisé un important travail documentaire, s’appuyant sur des interviews, des articles de presse, des anecdotes et différents documentaires. Il livre ainsi une bande dessinée qui raconte, de manière naturelle et fluide, l’histoire du film, de sa genèse jusqu’à sa projection en salle.

Entre ces deux étapes, les lecteurs découvrent tous les événements qui auraient pu empêcher la naissance de ce chef-d’œuvre : les difficultés liées au tournage en milieu naturel, les castings, la gestion des acteurs, les problèmes techniques et le matériel défaillant, notamment les faux requins, sans oublier les dépassements de budget et de délais.

Graphiquement, Mahi Grand propose un dessin semi-réaliste, sombre, efficace et rythmé. Son trait légèrement caricatural fonctionne particulièrement bien pour donner vie aux différents protagonistes et restituer l’ambiance chaotique du tournage.

Une très belle surprise, qui devrait plaire à tous les amateurs de cinéma, et plus particulièrement aux fans de Jaws.
 
 

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : LABANDEDU9

Nombre de chroniques publiées : 3427

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