Titre du Tome: Les enfants du ciel

pouvait supporter qu’une femme de couleur conduise une si belle voiture. Fou de rage et de chagrin, l'archéologue menace de se venger. Face au risque qu'il court, le Vatican décide de l'exiler. Direction l'Égypte et le Proche-Orient avec une mission. Il doit enquêter sur la rivalité qui oppose Juste de Tibériade à Flavius Joseph et déterminer quel historien est le plus proche de la vérité. Les deux historiens sont en effet en désaccord sur le ralliement du peuple juif à l'Empire romain. Seule source à avoir traversé les siècles, Flavius Joseph s’est soumis à la grandeur de Rome. Malheureusement, aucun écrit de Juste de Tibériade n'a survécu. Du moins jusqu'à ce que, en 1942, un bombardement sur Siwa, en Égypte, ne dévoile une crypte encore inconnue…
magnifique album oscillant entre archéologie, aventure, histoire et guerre, Stéphane Desberg nous raconte la genèse des écritures saintes. On sent que cette période des premiers siècles notre ère le fascine autant qu'elle l'interroge. Il n'en oublie pas son autre passion, maintes fois travaillée, la seconde guerre mondiale. A travers ces 180 pages, le scénariste va développer une intrigue complexe dans laquelle un archéologue français va croiser et recroiser un homologue allemand, un fanatique fasciste ou encore une espionne soviétique. Le but de tout ce monde : la vérité ! Vérité sur ce qui se trame dans le Reich, vérité sur la mort d'une femme, vérité historique sur les dernières heures du peuple juif après la victoire de Rome. Cette quête va bien évidemment connaître beaucoup de rebondissements et l'impression que laisse l'album est un peu contradictoire. Certaines scènes sont très rapides et on se sent parfois un peu perdu alors que d'autres sont beaucoup plus lentes et auraient mérité un peu plus de rythme. On s'attarde parfois sur une référence historique religieuse et on balaie d’un revers de main une scène plus contemporaine. Au final, cela donne un récit plutôt agréable. D'autant que Bernard Vrancken déploie toute la palette de son talent. Dans un style assez réaliste et classique, il donne vie à la guerre. La torpeur moyen-orientale est palpable autant que la sensualité des femmes. On est loin de l'archéologie à la Indiana Jones. Ce classicisme est spectaculairement mis à mal par les f
lashback. C'est alors qu'on découvre un autre dessinateur ; un artiste plus torturé qui ne travaille plus qu'en noir et blanc avec une mise en page beaucoup plus en superposition. Mais ces somptueux dessins ne seraient que peu de choses sans le travail de colorisation solaire de Colette Vercouter. Dominé par les jaunes et les bleus, la colonisation apporte un supplément d'âme et encore plus de subtilité.Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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