Nom de la série : Les royaumes de Tiketone
Tome : 2
Titre du Tome: L'école de la nuit
Scénario : Mélissa Morin
Dessin : Mélissa Morin
Couleur : Mélissa Morin
Maison d'édition : Casterman
Avec Les Royaumes de Tiketone : "L’École de la nuit", publié chez Casterman, on replonge dans un univers de fantasy jeunesse plus dense, plus déroutant aussi, qui pousse ses personnages et son lecteur à se perdre pour mieux comprendre.
Arrivés dans les Royaumes de Tiketone, nos jeunes protagonistes se retrouvent immédiatement dépassés par les événements. Rien ne se déroule comme prévu, et très vite, le groupe est séparé. D’un côté, Virgile, Marianne et Elliot errent dans une forêt fantomatique, peuplée d’arbres spectres. Leur fuite devient une question de survie lorsqu’un lion gigantesque se lance à leur poursuite, les forçant à se réfugier dans une étrange structure évoquant une coquille d’escargot. Là, un message énigmatique leur est adressé, évoquant une épreuve à venir et une mystérieuse clé liée à Tiketone, sans pour autant leur donner de véritable direction. De leur côté, Robin et Torot se retrouvent enfermés dans une pièce dont ils ne comprennent pas les règles, mais Torot semble en savoir bien plus qu’il ne le laisse paraître, notamment grâce à son étrange capacité à absorber les ombres à l’aide de son casque. Enfin, Florian se retrouve projeté dans une contrée tout aussi déroutante, accompagné d’un personnage énigmatique et de deux corbeaux répétant inlassablement le nom du royaume. Tous avancent alors chacun de leur côté, tentant de résoudre des énigmes et de récupérer des clés, sans jamais vraiment saisir la logique globale. Mais très vite, un doute s’installe : quelque chose ne tourne pas rond. Les règles semblent biaisées, comme si une force invisible manipulait les événements pour les empêcher d’avancer. Une impression d’injustice grandissante s’installe, laissant penser que cette épreuve n’est pas seulement un test, mais peut-être un piège.
Ce deuxième volet marque une évolution nette dans la narration. Là où le premier tome posait les bases, celui-ci complexifie fortement les enjeux. Le lecteur est volontairement désorienté, plongé dans un récit éclaté où les points de vue se multiplient et où les repères sont rares. C’est parfois déroutant, voire exigeant.
Mais cette confusion apparente finit par faire sens. Petit à petit, les pièces s’assemblent, les intentions se dessinent, et l’on comprend que cette perte de repères fait partie intégrante de l’expérience.
Graphiquement, on reste dans la continuité du premier tome. Le trait est fidèle, reconnaissable, toujours aussi lisible dans l’action. Mais ce qui change ici, c’est la palette. Les couleurs se font plus pastel, presque oniriques par moments, renforçant ce sentiment d’étrangeté et de décalage permanent. Chaque environnement possède sa propre identité visuelle, accentuant l’idée que chaque personnage évolue dans une réalité différente. Cette direction artistique accompagne parfaitement la narration, même si elle peut accentuer la sensation de flou dans un premier temps.
Ce second volume demande clairement plus d’implication. Le découpage, les ellipses, les changements de points de vue peuvent désarçonner au départ. Mais derrière cette complexité se cache une écriture solide, qui prend le temps de construire ses mystères. Ici, il ne s'agit pas d'une lecture immédiate, mais d'une lecture qui se mérite.
Un tome plus dense, plus déroutant, mais aussi plus ambitieux, qui confirme le potentiel de la série tout en demandant au lecteur de s’investir davantage. Espérons que la suite nous apporte des réponses à toutes ces nouvelles questions.