Nom de la série : Les soeurs Grémillet
Tome : 9
Titre du Tome: Le jeu des masques
Scénario : Giovanni Di Gregorio
Dessin : Alessandro Barbucci
Couleur : Alessandro Barbucci
Maison d'édition : DUPUIS
De mystérieux origamis géants apparaissent aux quatre coins de la ville. Les sœurs Grémillet se lancent aussitôt dans l’enquête, mais chacune doit aussi faire face à ses propres préoccupations. Un neuvième album sensible et lumineux qui mêle habilement mystère, émotions et quête de soi.
Un matin, leur mère étant très en retard, les sœurs Grémillet se rendent à pied à l’école. Au détour d’une rue, elles sont surprises par un immense pliage en papier sur lequel est inscrit un mystérieux message : « Qui suis-je ? ». Il est pourtant évident qu’il s’agit d’une gigantesque grenouille. Peu après, c’est un taureau qui est découvert, puis des moutons, et ainsi de suite. Bien qu’accaparées par leurs occupations respectives, les sœurs sont bien décidées à mener leur enquête. Cassiopée s’initie au théâtre japonais afin d’épater ses nouvelles amies. Lucille accepte de donner un coup de main à un ami pour dresser son chien, Inu, mais elle oublie qu’un chien est plus facile à éduquer qu’un humain. La plus distante est sans conteste Sarah. En rêve, elle reçoit la visite d’un garçon masqué accompagné de créatures fantastiques. L’enquête est donc mal engagée, jusqu’à ce qu’un nouvel indice vienne ébranler l’unité des trois sœurs. Mais elles en ont vu d’autres…
Pour ce neuvième album, Sarah, Cassiopée et Lucille sont de retour chez elles. Si la routine semble avoir repris ses droits dans la maison maternelle, l’album s’ouvre sur un rêve de Sarah : un mystérieux garçon affublé d’un masque japonais lui rend visite sur le dos d’un dragon de vent. Laissez Freud où il est, l’explication sera signée Di Grégorio. Au réveil, les filles partent à pied pour l’école et découvrent ce qui constituera leur nouvelle enquête. Des origamis géants sont déposés aux quatre coins de la ville par un mystérieux artiste qui signe ses œuvres d’un énigmatique « Who am I? ». On pourrait croire que l’affaire sera rapidement expédiée et que les auteurs nous avaient habitués à davantage de profondeur. Pourtant, ce serait une erreur. Les trois frangines mènent leurs investigations en fonction du peu de temps que leur laissent leurs emplois du temps respectifs. Évidemment, leurs vies sont bien remplies. Il y a les nouvelles copines de Cassiopée et le théâtre japonais. Il y a les animaux de Lucille et leur maître. Mais celle qui occupe le devant de la scène est sans conteste Sarah. Pour une raison inconnue, elle abandonne ses sœurs en pleine enquête et semble dépérir sous leurs yeux. À tel point que l’on finit par se demander si ce n’est pas là le véritable cœur du récit. Sans rien divulgâcher, la réponse touche à l’un des maux consentis de nos sociétés modernes, déjà évoqué dans le dernier Toy Story. Heureusement, nos héroïnes sont des battantes. Elles peuvent compter les unes sur les autres et ressortent grandies de cette épreuve. Côté dessin, aucun faux pas : le trait de Barbucci est tout simplement merveilleux. Qu’il mette en scène les rêves, le quotidien ou les multiples références culturelles, chaque vignette dégage une grande douceur et une fantaisie communicative. La lecture demeure toujours limpide grâce à une colorisation pastel riche et immédiatement identifiable, ainsi qu’à une mise en page variée. L’ensemble est dynamique, lumineux et particulièrement agréable à parcourir. Surtout, il fait un bien fou. De ces planches se dégage une véritable énergie positive, comme un bain de lumière ou une dose de vitamine D qui remonte le moral et recharge les batteries, même en plein été.
Tout doucement, les sœurs Grémillet grandissent au même rythme que leurs lectrices et leurs lecteurs. Elles évoluent sans jamais perdre leur joie de vivre, leur bonne humeur ni leur fantaisie. Ce neuvième opus est un album résolument dans l’air du temps, qui ravira les fidèles de la série tout en séduisant sans peine les nouveaux lecteurs.