Nom de la série : Les sortilèges de Zora
Tome : 6
Titre du Tome: Les deux passages
Scénario : Judith PEIGNEN
Dessin : Ariane DELRIEU
Couleur : Ariane DELRIEU
Maison d'édition : Vents d'oueast
La jeune Zora poursuit son initiation à la sorcellerie, entre lutte contre Oldaric et tensions amicales. Elle, qui prône le vivre-ensemble, va trouver une nouvelle alliée apportant un regard neuf sur son univers. Pour ce sixième album, les auteurs prolongent la magie… et nous, on en redemande !
Zora et les membres de l’Association des Amateurs de Tarte à la Crème sont sortis victorieux de leur dernier affrontement contre Oldaric et son Organisation. Si la jeune sorcière progresse rapidement, elle peut aussi compter sur Babou et ses copines pour trouver des solutions aux problèmes les plus épineux. Malheureusement, l’une d’elles semble avoir perdu ses pouvoirs et, à trois seulement, rien ne va plus ! De son côté, Zora a obtenu l’autorisation de participer à une soirée pyjama chez Minh, sa meilleure amie nonsorcière. Alors qu’elle l’initie à la dimension spirituelle des arts martiaux, une boule de feu surgit soudainement, contraignant Zora à révéler sa véritable identité. Contre toute attente, Minh accueille la nouvelle avec un enthousiasme débordant. Elle va même jusqu’à proposer son aide dans la lutte contre Oldaric. Dès le lendemain, les deux collégiennes se retrouvent au CDI afin de rechercher des informations sur la tour Saint-Jacques, le Caravaggio et Nicolas Flamel. Mais les ressources documentaires se révèlent limitées lorsqu’il s’agit de cultes occultes et de sorcellerie. Les voilà donc parties fouiller les étals des bouquinistes. Pour Zora, c’est également l’occasion de renouer avec Louis après le fiasco du bal de fin d’année. Finalement, leurs recherches les conduisent jusqu’à l’ancienne demeure de Nicolas Flamel, car il semblerait bien que l’alchimiste soit le seul à détenir la clé de leur problème…
Après un épisode marqué par l’affrontement direct entre Zora, les amies de sa grand-mère, Oldaric et son Organisation, la jeune sorcière avait bien mérité un peu de répit. Fidèle à son idéal de coexistence harmonieuse entre sorciers et nonsorciers, elle obtient enfin l’autorisation de passer une soirée pyjama chez Minh. Cette ouverture, en apparence anodine, adopte pourtant un rythme déjà diabolique : panne de magie, site de rencontres par boule de cristal, secrets de famille bouleversants… Un programme particulièrement chargé. Mais ce n’est encore qu’une mise en bouche. Le véritable tournant de l’album réside dans une révélation que l’on pressentait depuis plusieurs tomes. La majeure partie du récit est alors consacrée à l’enquête menée par Zora et sa nouvelle alliée. Du CDI aux quais des bouquinistes, puis jusqu’à la maison de Nicolas Flamel, chaque étape apporte son lot de découvertes. Plus encore, ces recherches permettent d’approfondir la personnalité de Zora : ses relations avec ses amis, ses premiers émois amoureux, ses doutes et ses aspirations. Rien de révolutionnaire sur le fond, mais Judith Peignen prend soin de remettre chaque élément à sa place, aussi bien dans son intrigue que dans l’esprit des lecteurs. Après tout, le credo de Zora est de construire un monde où sorciers et nonsorciers vivent en harmonie. Et pour cela, il faut d’abord rappeler qu’elle reste une adolescente comme les autres. C’est précisément ce qui rend la série aussi attachante auprès de son jeune public. Côté dessin, force est de constater que la petite sorcière a grandi. Le trait d’Ariane Delrieu a gagné en assurance et en maturité, tout en conservant sa fraîcheur et son dynamisme. La mise en page demeure inventive : grandes cases verticales, vignettes prismatiques, demi-doubles pages spectaculaires et magnifiques extraits de grimoire richement illustrés rythment la lecture. Les personnages restent fidèles à eux-mêmes, avec une expressivité volontairement exagérée qui séduira les amateurs de mangas. Quant aux décors, ils reflètent parfaitement la dualité de la série : un quotidien parfois banal et réaliste d’un côté, un univers magique débordant de couleurs, de fantaisie et de bonne humeur de l’autre. Le point de rencontre entre ces deux mondes n’est autre que la fascinante demeure de Nicolas Flamel, digne des plus grands décors d’Harry Potter.
Zora poursuit donc son initiation à la sorcellerie pour le plus grand bonheur de ses lecteurs. Mais derrière la magicienne se cache toujours une adolescente confrontée aux tourments de son âge. Un équilibre qui continue de faire tout le charme d’une série aussi pétillante qu’envoûtante.