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Golzio Golzio
La tentation du mâle La tentation du mâle

Mamie Luger - Tome 1

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Nom de la série : Mamie Luger
Tome : 1
Titre du Tome: La tentation du mâle
Scénario : Nicolas KERAMIDAS
Dessin : Nicolas KERAMIDAS
Couleur : Nicolas KERAMIDAS
D'après : Benoit PHILIPPON
Maison d'édition : Casterman

Berthe Gavignol, 102 ans, réveille la banlieue de Saint-Flour à coups de fusil ! Quelques heures plus tard, dans les bureaux de la police, elle entreprend de raconter sa vie et stupéfie l’inspecteur chargé de l’enquête. En adaptant le roman de Benoît Philippon, Nicolas Kéramidas ressuscite l’esprit des grands polars des années 1960, entre dialogues affûtés, humour noir et mise en scène spectaculaire. Un album totalement jubilatoire !
La banlieue de Saint-Flour est réveillée à 6 h 08 par une série de coups de feu. La responsable de ce tintamarre n’est autre que Berthe Gavignol, 102 ans ! Sitôt arrivées sur place, les forces de l’ordre se heurtent à une résistance acharnée de la part de la centenaire qui, lorsque l’assaut est donné, leur intime l’ordre de s’essuyer les pieds avant d’entrer ! Plus tard, au commissariat, elle se retrouve face à l’inspecteur Ventura. Au fil de l’interrogatoire, la petite mamie révèle un langage des plus fleuris. Peu à peu, elle accepte de se mettre à table et avoue avoir enterré quelques cadavres dans sa cave. Mais attention, elle a toujours une bonne raison ! Après tout, le premier meurtre qu’elle revendique concerne un officier nazi qui cherchait à abuser de ses charmes. Sauf que le policier n’est pas né de la dernière pluie et continue de creuser. Et la vieille dame, qui semble l’apprécier, a encore bien d’autres surprises à lui révéler…
Nous avons tous un attachement particulier à nos grands-mères, que ce soit parce que nous allions goûter chez elles ou parce qu’elles avaient le chic pour nous gâter. Pourtant, elles ont toutes eu une vie avant nous, et certaines ont connu des existences pour le moins mouvementées. C’est précisément le cas de Berthe Gavignol, alias Mamie Luger. Cette mémé à la langue bien pendue est née de l’imagination fertile de Benoît Philippon avant d’être adaptée en bande dessinée par Nicolas Kéramidas. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les auteurs ne s’embarrassent pas d’une longue introduction. Dès les premières pages, le lecteur est plongé au cœur d’une fusillade matinale dans une petite ville de province. La tireuse embusquée derrière sa carabine 22 Long Rifle n’est autre que Berthe elle-même. Pourquoi cette centenaire canarde-t-elle les forces de l’ordre ? Le mystère demeure. Une chose est certaine : elle n’a pas la langue dans sa poche et conserve toute sa lucidité. Direction donc le commissariat où elle est interrogée par l’inspecteur Ventura, sans aucun lien avec le célèbre acteur. Si Berthe tente d’abord de jouer les innocentes grand-mères dépassées par les événements, son numéro ne dure guère longtemps. Rapidement démasquée, elle accepte de raconter son histoire… du moins une partie. Commence alors le récit de toute une vie. À travers une série de flashbacks, elle évoque son enfance, ses premiers émois, sa rencontre avec son mari et son mariage. Rien, en apparence, qui sorte véritablement de l’ordinaire. Mais à mesure que la confiance s’installe et que les souvenirs remontent à la surface, Berthe finit par expliquer comment elle s’est procuré son fameux Luger. Et c’est là que le récit bascule. On passe soudain d’une chronique de province à une sorte de Cosette revisitée par Quentin Tarantino, un Kill Bill du troisième âge où l’humour noir se mêle à une violence aussi absurde que jubilatoire. Et ce n’est encore que le début. Le rythme nerveux évoque une rafale de pistolet automatique, tandis que les dialogues, ciselés et percutants, rappellent parfois ceux d’Michel Audiard. Côté dessin, Nicolas Kéramidas reste fidèle à son style très caricatural. Mais attention aux apparences : dans cet univers, ceux qui ont une tête sympathique ne sont pas forcément les plus inoffensifs. Le trait est vif, expressif et extrêmement dynamique. La mise en page, particulièrement soignée, accompagne parfaitement les changements de ton du récit, alternant humour, émotion et noirceur. L’ensemble est porté par une énergie communicative qui rend la lecture particulièrement plaisante. On passe un excellent moment en compagnie de cette grand-mère hors norme et de ses confessions aussi improbables qu’hilarantes.
Avec cette adaptation du roman explosif de Benoît Philippon, Nicolas Kéramidas ressuscite l’esprit des grands polars des années 1960, entre dialogues affûtés, humour noir et mise en scène spectaculaire. Un album totalement jubilatoire, porté par une héroïne dont on se souviendra longtemps.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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