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Mea Culpa Mea Culpa

Mea Culpa - Tome 1

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Nom de la série : Mea Culpa
Tome : 1
Scénario : Jean-Christophe BRISARD
Dessin : Michael MALATINI
Couleur : Michael MALATINI
Maison d'édition : Glénat

Au petit jeu du « tu préfères ? », le commandant Karl Neuhaus se retrouve face à un choix vertigineux : éliminer Adolf Hitler… ou le pape Pie XII ? Avec Mea Culpa, Jean-Christophe Brisard et Michael Malatini signent un thriller historique explosif, où complots, espionnage et manipulations diplomatiques s’entrelacent au cœur des heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. Un récit haletant, audacieux et terriblement efficace.
 
Mars 1944. Johannes Denk, émissaire de l’ambassadeur du Vatican à Berlin, sollicite une audience auprès de Sa Sainteté le pape Pie XII. D’après les confidences du père Hürt, conseiller spécial du pape, le successeur de Pierre s’inquiète de l’avancée de l’Armée rouge en Europe de l’Est. De retour à Berlin, Denk est débriefé par le commandant SS Karl Neuhaus. Ce dernier parvient à forcer une valise diplomatique contenant un courrier explosif : le pape accepterait de soutenir un accord entre Churchill, Roosevelt et l’Allemagne pour contrer Staline, à une condition près ; et de taille : éliminer Hitler ! Quelques mois plus tard, alors que Neuhaus rend compte de sa mission, toute la section « Église » de la Gestapo est arrêtée par la Wehrmacht. Une rumeur persistante circule : un attentat aurait été perpétré dans la tanière du loup, coûtant la vie au Führer. Après des heures d’incertitude, la confirmation tombe : Hitler a survécu. Furieux, il exige des têtes. Pourquoi pas celle de Pie XII ?
Dès l’ouverture de l’album, une prolepse sans équivoque nous plonge dans le vif du sujet. En février 1945, dans Berlin assiégé, un gradé SS s’interroge : fallait-il éliminer Hitler … ou Pie XII, le Führer ou le pape ? Le récit revient ensuite en arrière, changeant de décor et de perspective. Place Saint-Pierre, une conversation de couloir révèle l’inquiétude du Saint-Père face à la situation en Europe. À peine Denk de retour à Berlin que le doute s’installe : l’émissaire du Vatican se révèle être un espion. Pour quelques marks, il avoue à un chef SS que le pape pourrait sceller une alliance avec l’Allemagne contre l’URSS, à une condition près : la « disparition » d’Hitler. Par la magie des ellipses, Jean-Christophe Brisard nous propulse quelques semaines plus tard, au moment de l’attentat contre le Führer. Le coup de génie du scénariste ? Nous placer dans la peau des hauts dignitaires nazis, confrontés à une rumeur qui se répand comme une traînée de poudre. Mais est-elle fondée ? Si Hitler a survécu, sa réaction sera sans appel pour les traîtres, quelles qu’aient été leurs motivations. Pour le lecteur, le trouble est total : où s’arrête la réalité, où commence l’uchronie ? Que les puristes se rassurent : Mea Culpa reste une fiction historique. Comme prévu, la purge qui suit l’attentat sera sanglante, mais la position du personnage principal demeure ambiguë. Cet élément, esquissé dès l’ouverture de ce diptyque, promet d’en être la pierre angulaire dans le second tome. Côté dessin, Michael Malatini signe une fresque politico-historique d’une grande puissance. Dès les premières pages, l’artiste italien marque les esprits avec des scènes de combat à hauteur de fantassins, en pleine page ou en double page, annonçant un album explosif. Puis, sans renoncer à son trait vif et percutant, il adopte une mise en page plus classique, tout en jouant habilement sur les zones d’ombre – celles des dialogues comme celles des intrigues. Le réalisme, froid et maîtrisé, évite soigneusement le sensationnalisme et le voyeurisme. Le personnage de Neuhaus (inspiré d’un personnage réel, capturé en février 1945 par l’Armée rouge) en est l’illustration parfaite : monstrueusement humain.
En résumé, Mea Culpa est un thriller historique mêlant fiction, espionnage et rôle de l’Église durant la Seconde Guerre mondiale. Une intrigue qui rappelle, une fois encore, que le manichéisme n’a pas sa place dans l’Histoire. Un album choc, dont on attend la suite avec une impatience palpable !

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : boil

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