Espace membre Me connecter
dellac dellac

Mémoires d'un garçon agité

Acheter sur BD Fugue

Nom de la série : Mémoires d'un garçon agité
Scénario : Vincent Zabus
Dessin : Valérie Vernay
Maison d'édition : DARGAUD

Dix ans, l’âge de l’insouciance et des jeux. Mais c’est également l’âge auquel on conserve, au plus profond de soi, des choses que l’on ne peut exprimer. Germain a choisi de coucher ses émotions et ses culpabilités sur le papier à travers une vieille machine à écrire. Un exutoire.

Germain n’a que dix ans lorsqu’il décide de cesser de grandir, car il ne supporte pas l’idée de devenir un adulte. La petite voix qui lui parle lui suggère d’écrire ses mémoires : un moyen idéal d’arrêter le temps. Depuis sa chambre et sur une vieille machine à écrire Underwood, Germain va conter, au fil des années passées, ses expériences, comme sa rencontre avec le Père Noël analphabète, la mort de son chat sous ses yeux, ou encore ses relations avec ses grands-parents et son oncle ivrogne. L’écriture devient pour lui un moment d’échappatoire, un moyen de se déculpabiliser face à un mal profond : le décès de sa petite sœur, et peut-être même l’occasion d’imaginer devenir un grand écrivain sous le pseudonyme de Raoul Underwood.

Autant le dire tout de suite, cet album proposé par Vincent Zabus au scénario et Valérie Vernay au dessin n’est pas à classer au rayon humour et divertissement. Même si la tendresse du petit garçon et quelques scénettes peuvent provoquer quelques sourires, cet ouvrage est avant tout une analyse profonde de la gravité de ce que peut ressentir un garçon de dix ans, des émotions qu’il ne faut pas négliger. Les auteurs se servent ainsi de ce personnage pour faire passer des messages sur la culpabilité et sur ces sentiments que l’on enfouit au plus profond de nous dès l’enfance, en pensant qu’ils passeront avec l’âge, mais que l’on conserve parfois jusqu’à la fin de sa vie.

Vincent Zabus exprime avec justesse cette période de notre vie, souvent banalisée par l’idée d’insouciance et rarement prise en considération par les adultes. C’est précisément pour cela que Germain refuse de grandir et ressent le besoin de s’exprimer dès son plus jeune âge.

Le dessin de Valérie Vernay va dans le même sens. Elle évite toute surcharge graphique qui pourrait perturber la lecture ou détourner du sujet principal. Un personnage, quelques éléments de décor, et une volonté de rester concentrée sur les thèmes évoqués. Elle se permet néanmoins de jouer avec les couleurs et la luminosité afin de dissocier les différentes périodes de la vie racontées par Germain.

Cet album n’a pas de public prédestiné, puisqu’il peut aussi bien parler aux personnes devenues adultes trop rapidement et leur permettre de faire une pause pour repenser à leur passé, qu’à un jeune public en difficulté pour s’exprimer. Sans être un ouvrage de référence, Les mémoires d’un garçon agité s’avère être un bon moyen de débloquer des conversations souvent taboues.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : LABANDEDU9

Nombre de chroniques publiées : 3357

Visiter la boutique de LABANDEDU9