Nom de la série : Parker 1969
Titre du Tome: La proie
Scénario : Doug Headline
Dessin : Kieran
Couleur : Kieran
Maison d'édition : Dupuis
Avec trois complices, Parker reussit un nouveau braquage de banque. Tout se déroule selon les plans jusqu'à ce qu'un truand décide de liquider les autres pour conserver le magot ! Il n'avait pas prévu de rater Parker qui décide se lance dans une chasse à l'homme à travers toute la côte est afin de récuperer ses dollars ! Un retour pour Parker totalement maitrisé et qui fait mouche !
Parker est braqueur de profession. Dans le métier, il a une excellente réputation. Cette fois-ci, il prépare un nouveau casse aux côtés de deux habitués, Benny Weiss et Phil Andrews. Pour compléter l’équipe, Benny a proposé un petit nouveau qu’il connaît bien : Georges Uhl. Si le casse est un succès et si la fuite se déroule sans encombre, c’est que tout avait été parfaitement planifié. À l’abri dans une ferme abandonnée, le quatuor découvre son butin. C’est le moment que choisit le novice pour les trahir et filer avec le pactole. Le seul à échapper au carnage n’est autre que Parker ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bien décidé à revoir son fric et, accessoirement, à se venger. C’est le début d’une chasse à l’homme à travers toute la côte est des États-Unis. Une chasse à l’homme menée tambour battant, une chasse à l’homme qui ne prendra fin que lorsque Parker aura récupéré ses dollars.
Dixit la 4e de couverture, cet album signe « le grand retour de Parker ». Pour paraphraser une publicité, « mais c’est qui Parker ? ». Là encore, Dupuis fait les choses bien en rappelant qu’il est le « héros mythique créé par le maître du Roman noir, Donald Westlake, alias Richard Stark ». Mince, le roman noir chez moi, ça s’est arrêté à Jean-Patrick Manchette ! Qu’à cela ne tienne, je demande à voir ! L’album s’ouvre donc par une spectaculaire scène de braquage de banque avec sa préparation en flashback. Le tout nous est raconté en voix-off par Parker lui-même. Dès l’ouverture, on comprend que l’on a affaire à un bandit à l’ancienne, un bandit comme on les aime : droit et juste. Si le casse est mené tambour battant, le quatuor se met ensuite au vert dans une ferme abandonnée. Bien sur, le rythme ralentit quelque peu et on peut prendre son temps pour admirer la finesse des dialogues. Seulement il faut se dépêcher car l’intrigue, la vraie, va maintenant débuter ! Un des associés cherche à éliminer les autres afin de garder le pactole. Le seul rescapé de la boucherie : Parker. Il va déployer toute sa pugnacité, tous ses réseaux et toute son intelligence afin de débusquer le paria. Auparavant, il doit laisser passer l’orage. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec notre anti-héros. Par la suite, la chasse à l’homme est menée pied au plancher. Heureusement que Parker doit traverser plusieurs fois la côte est afin de nous permettre de respirer car 111 pages en apnée, c’est long ! Il va tomber dans des traquenards, suivre de mauvaises pistes… Tout cela a un rythme infernal : il ne faudrait pas que le lascar dépense son fric avant qu’il ne lui ait mis la main dessus. J’évoquais les dialogues auparavant. S’ils sont chirurgicaux, ils n'en demeurent pas moins relativement peu nombreux. Parker est un taiseux, c’est surtout un solitaire et le dessin de Kieran convient à merveille à ce style. Chaque vignette étant d’une grande précision, elle se suffit à elle-même et elle peut donc se passer aisément de parole. Une absence de cadre, un crayonné assez minimaliste et une colorisation qui le complète totalement, le style adopté par Kieran convient à la perfection à cette ambiance si particulière de la fin des sixties.
Amateurs de récit bien noir, vous allez être aux anges car la collection Aire noire, la bien nommée, partage avec nous sa nouvelle pépite. Un album qu’il ne faudrait pas laisser traîner n’importe, au risque de se le faire dérober très rapidement !